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Marjorie Herrero : un petit air d’enfance à découvrir sur nos murs

3012977_Sans_titre-3_copieDébarquée en Auvergne il y a une quinzaine d’années par le hasard d’une rencontre, Marjorie Herrero la Nîmoise a creusé depuis un beau sillon coloré. Tout commence à Issoire, lorsqu’elle se décide à pousser la porte d’une galerie d’art et d’encadrement pour demander un avis sur son travail. Les galeristes ont flashé dessus, ont pris des œuvres en dépôt et l’ont même embauchée. Première visibilité, première vente. « C’était un nu, à l’huile… rien à voir avec ce que je fais aujourd’hui », se souvient-elle.

Depuis, elle s’est fait adopter par le microcosme des artistes clermontois. Keymi, notamment, l’a encouragée, l’a fait participer aux Rencontres Graff de Gergovie-Val d’Allier. Un temps, elle a partagé avec lui et quelques autres un projet de galerie, le « Cent Mètres Carré ». Elle expose quand l’occasion se présente. Elle est présente de temps à autre à Place aux Arts, le dimanche place des Salins. Ses playmobil pixelisés, ses portraits de poupées Barbie, ses origamis sont devenus familiers dans le paysage.

Ils sont sa marque de fabrique. « Les jouets sont toujours présents dans mon travail. Je ne joue plus avec mais j’ai besoin de les utiliser, de les détourner. Parce qu’ils apportent un côté ludique, mais aussi un côté nostalgique. J’aime que mes tableaux renvoient chaque spectateur à son enfance, à des souvenirs ». L’objet jouet peut aussi bien être intégré à des tableaux en relief, utilisé comme une technique, ou représenté. Même ces arabesques et entrelacs noirs sur fond blanc, dont l’apparence abstraite semble faire bande à part, a un lien avec un jeu de l’enfance : « J’ai relié un spyrographe à ma palette graphique pour pouvoir faire des dessins sur le logiciel Illustrator. Ensuite, j’ai découpé chaque dessin en quatre carrés et assemblé des carrés provenant de dessins différents. C’est mon premier essai avec cet outil, mais les possibilités sont très vastes. Il faut que je continue… » Mais oui, le spyrographe ! Souvenez-vous, ces petites roues qui permettaient de tracer des dessins complexes à base de cercles, au stylo-bille !

B2Toutes sortes de techniques s’imbriquent dans les tableaux de Marjorie. « J’ai toujours fait ça : dessiner, bricoler, fabriquer des choses avec mes mains… J’ai envie de tout essayer. Parfois, j’ai l’impression de m’éparpiller. Je commence une série, puis je passe à autre chose, puis j’y reviens… » Les perles hama, l’impression sur bâches… Un intérêt pour la culture orientale la fait se pencher sur l’art japonais du pliage du papier ? Voilà qu’elle s’approprie l’origami à sa manière : « Je fais des modules de pliage que je reproduis en grand nombre, puis je les assemble pour réaliser un motif », explique-t-elle. Un projet de voyage en Nouvelle-Calédonie ? Elle se réjouit déjà d’en profiter pour s’initier à l’art du tressage de feuilles ; peut-être aussi à la sculpture de la pierre à savon…

Le résultat est du coup très varié, mais avec une patte très personnelle : la couleur, le côté ludique, enfantin. Mais aussi une réalisation minutieuse, précise, lisse, graphique : la marque de ses études secondaires en arts appliqués, où elle s’est sentie davantage dans son élément que lors de ses tentatives aux Beaux-Arts ou à la fac d’expression plastique.

2014 sera peut-être une année décisive pour Marjorie Herrero : en avril, pour la première fois, elle va participer à un salon international, à Lyon. Pourquoi maintenant ? « Il fallait juste que les conditions soient réunies : que j’aie du temps, de l’argent à y investir et avoir trouvé la manifestation la plus pertinente. C’est un concours de circonstances. » Et qui sait, ce sera peut-être une nouvelle marche, une occasion de se faire repérer en dehors de la région…

En attendant, on peut venir découvrir la série des Barbie, celle des playmobil et autres origamis dans les locaux d’Epicentre Cowork, jusqu’à fin mars.

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