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ECEI#3 : l’expérimentation, école de citoyenneté

Toujours bien denses, nos journées « ECEI » ! Même lorsqu’elles sont tronquées comme c’était le cas, ce jeudi 10 avril ; car nous avions renoncé à la partie atelier/barcamp pour pouvoir insérer la causerie dans l’événement « Ça va faire boom ». Bien dense, car le format causerie que nous expérimentons depuis deux rendez-vous permet une circulation de la parole très constructive.

Dense aussi de par la diversité des participants : c’est forcément intéressant de réunir dans le même cercle des artistes, des représentants des services des collectivités (Ville, Conseil général), des acteurs culturels, des représentants d’associations, de (rares) simples citoyens impliqués uniquement en tant que tels… Intéressant aussi, car ce n’est pas si fréquents d’entendre dialoguer des personnes œuvrant dans des disciplines différentes : spectacle vivant, arts plastiques, architecture, urbanisme, ou intervenant dans le décloisonnement le plus libre.

Et puis il y avait nos invitées (que des femmes !), venues de Lille et de Saint-Etienne (décidément des endroits qui nous inspirent) ou agissant sur le terrain clermontois et venues nous faire partager leurs expériences de l’expérimentation.

« Nous sommes épatés par la vitalité des formes d’auto-organisation des habitants » Fanny Herbert, La Cartonnerie à Saint-Etienne

Pour structurer le débat, nos animateurs avaient choisi de proposer six mots-clefs à explorer en un quart d’heure chacun – quarts d’heure qui se sont étirés au point que nous avons renoncé à la thématique « démarche citoyenne ». Parce que pas intéressante ? Au contraire, parce qu’il est apparu qu’on en parlait tout au long des débats, comme un fil rouge qui se trouve au cœur des préoccupations de tous : plutôt encourageant.

Restaient les cinq autres thèmes : créativité, espaces, cadre organisationnel, outils, transmission et transformation.

Il a été beaucoup question du quartier de la Gauthière, où il se passe des choses passionnantes, pilotées par l’Ecole d’art, par la Ville et par les architectes francs-tireurs (franches-tireuses, ça se dit ?) de l’Université foraine, initiée à Rennes par Patrick Bouchain. Architectes qui se sont carrément installées dans ce quartier réputé difficile et se proposent de réfléchir avec les habitants à ce qu’on peut faire d’un vaste espace vide laissé par la démolition d’immeubles.

« Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le résultat, c’est le processus, l’expérience, le geste. » Muriel Lepage, Ecole supérieur d’art de Clermont

L’expérimentation, le non-conforme, les démarches de « crapauds fous » se développent à tout va. A Saint-Etienne, la Cartonnerie occupe l’espace public, lance des croisières à travers la ville ou improvisent des apéros dans les lavomatics. Parti de Strasbourg, un collectif de jeunes architectes et graphistes, à la fin de leurs études, s’est lancé dans un (Dé)tour de France à vélo, en initiant des projets éphémères dans chaque ville-étape. A Clermont-Ferrand, l’Agence d’urbanisme s’est lancée dans l’exploration de la morne rue Auger, de ses délaissés et de ce qu’on pourrait en faire. Et les étudiants de l’école d’art, travaillant dans un quartier où on risque de voler leurs installations, se mettent à imaginer des œuvres faites pour être volées !

Et pourtant, un sujet est revenu souvent : en France, c’est difficile de lancer des projets dans l’espace public – trop normé, trop réglementé -, c’est difficile de s’approprier l’espace, de reprendre l’initiative, car le citoyen a quasiment intégré la norme et a perdu l’habitude d’agir. Du coup, l’expérimentation doit se plier aux lourdeurs des autorisations administratives, se replier dans des espaces privés plus discrets ou prendre les risques de l’action sauvage. Cette dernière solution reste peut-être le meilleur moyen, si on y met de la persévérance, de faire bouger les choses !

Retrouvez l’intégralité (ou presque) des débats de cette causerie ici :

ECEI#3 – L’expérimentation

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