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Le plaidoyer de Catherine pour les mauvaises herbes

Catherine Philippe expose ses « mares » à Epicentre tout l’automne. Le vernissage, vendredi, a été l’occasion d’en connaître davantage sur son projet de réhabilitation des herbes folles.

Catherine devant ses photos, à Epicentre

Catherine devant ses photos, à Epicentre

Catherine Philippe a un projet, né à force d’observer, de poétiser et de photographier les herbes folles et autres coins de verdure inopinés. Elle rêve d’agir pour réhabiliter ce qu’on a coutume d’appeler inconsidérément les « mauvaises herbes ». Ce projet devient d’autant plus pertinent que les services municipaux des villes ne peuvent plus utiliser ce qu’on appelle très inconsidérément les « produits phytosanitaires » mais qu’il vaudrait mieux appeler désherbants, pesticides ou pour être encore plus clair « tueurs d’organismes vivants ». Du coup les habitants sont mécontents : ça fait désordre, ces pissenlits sur le goudron de leur trottoir ou sur le béton de leur parking. Les employés des espaces verts ne sont pas très heureux de se faire interpeller pour la moindre brindille qu’ils n’ont pas eu le temps d’arracher. La tension monte et il faut être au moins poète ou écolo pour y trouver son compte.

D’où le projet : réconcilier tout le monde en sensibilisant la population, les municipalités et leurs jardiniers. Pour ce faire, l’idée n’est pas sorcière ; il suffit de changer le regard sur ces petites pousses spontanées. Tout bien considéré, sont-elles plus vilaines, nuisibles ou indésirables qu’une plantation de pétunias ? Si chacun y mettait du sien, on apprendrait à les respecter, à les mettre en valeur et à apprécier la poésie que confèrent ces surgissements facétieux de la nature dans nos villes.

Feuilles mortes et reflets dans l’eau

En plus de sa double activité d’institutrice et de photographe, elle a ajouté à cette fin une corde à son arc, grâce à une formation d’éducation à l’environnement.

Elle est venue nous parler de tout ça vendredi soir à Epicentre. Et nous nous sommes promis de suivre l’avancée du projet et de l’accueillir à chaque fois qu’elle aurait des choses à nous raconter ou à nous apprendre sur le sujet.

En attendant, on peut toujours voir ses photographies sur les murs d’Epicentre. La poésie de ses feuilles mortes à la dérive ou des branchages se reflétant dans l’eau des mares nous accompagne tout l’automne. Des photos qu’on ne verra pas présentées dans de beaux cadres dorés. Car elles sont adaptées pour pouvoir aussi délaisser les cimaises et aller voguer sur l’eau des étangs ou des bassins, en plein cœur de leur sujet, et faire jouer ainsi le dialogue avec les reflets de lumière et les ondulations de l’eau.

Ecologie douce

Photographe autodidacte, Catherine Philippe observe le monde autour d’elle, à travers son objectif, depuis trente ans. Son sujet de prédilection depuis 2007, c’est le végétal : cet être vivant qui ne fait pas de bruit et nécessite donc, pour Catherine, qu’on le donne à voir pour lui donner une voix. « Donner une parole aux ‘‘mauvaises herbes’’, tel est mon travail artistique. Il est dans une approche de militance écologiste douce et poétique pour porter le public à avoir un regard curieux et bienveillant sur le monde du petit végétal spontané. »

Exposition à Epicentre Cowork, 25,rue des Gras jusqu’au 8 décembre.

On pourra aussi découvrir d’autres travaux photographiques sur le site de Catherine Philippe.

 

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