Headline

An est moderatius mediocritatem eu cum latine deserunt

Volontaire toujours !

Le coworker du mois#2 : Claire Lamy

Il est grand temps de dresser le portrait de Claire Lamy, car elle nous quitte ! Sans drame, sans rupture ; c’était juste prévu dès son arrivée il y a cinq mois. Claire était en mission à Epicentre. Une mission éphémère mais enrichissante, comme la plupart de celles qu’elle a menées.

Parmi ses expériences les plus marquantes : cinq mois au Mexique, comme volontaire dans le Chiapas.

Parmi ses expériences les plus marquantes : cinq mois au Mexique, comme volontaire dans le Chiapas.

Petite anecdote personnelle : un jour où, à Epicentre, je rédigeais un message en mauvais anglais, j’ai demandé à la cantonade : « Quelqu’un sait-il comment on dit ‘bénévole’ en anglais ? » – « Volunteer ! », a répondu Claire plus vite que son ombre. Aujourd’hui, je suis en mesure de vous expliquer pourquoi.

Le bénévolat, elle l’a trouvé dans l’héritage familial. On ne fera pas le portrait de son père, mais ceux qui connaissent le Crefad Auvergne (1) comprendront de qui il s’agit, dans quelle ambiance militante et dans quel brassage de personnes elle a pu grandir.

Pourtant, Claire débute dans la vie par un BTS de tourisme et un poste d’animatrice dans village de vacances de la station alpine de La Plagne. Boulot saisonnier qui l’occupe été comme hiver, ce qui lui laisse le printemps et l’automne pour participer, déjà, à des missions de volontariat. En Allemagne, en Bulgarie ou dans le Minnesota, dans un centre de vacances pour handicapés (« Une semaine. Je n’ai rien vu de l’Amérique, mais j’ai perçu qu’ils avaient, bien plus qu’en France, une facilité à laisser une grande place aux initiatives »).

Après La Plagne, elle essaie Paris. « J’avais un bon job, mais j’ai vite compris que je n’étais pas faite pour cette ville. » Typique de Claire : au gré des envies, elle tente des expériences de vie. Certaines réussissent, d’autres pas. « Et puis, poursuit-elle, j’en ai eu marre du côté prestation pure. »

Au pays des luttes exemplaires

A partir de ce moment, les termes « bénévole » et « volontaire » sont ceux qui reviennent le plus dans son parcours. Quand elle ne l’est pas elle-même, elle encadre ou forme ceux qui le sont. Il y aura toujours dans ses choix une avidité de découverte et de rencontres. « C’est une façon de se chercher soi-même. Je m’y sens bien. C’est comme le chocolat : on goûte, on trouve ça bon, alors on a aussitôt envie d’en reprendre. » Parole de gourmande !

Il y aura plusieurs retours à Clermont, une période décevante dans les Landes, une formation à l’animation professionnelle, deux mi-temps simultanés au Corum Saint-Jean et au CLCV (2). Claire développe son réseau associatif, voit fonctionner et dysfonctionner les institutions, apprend à monter des partenariats.

Ça ne dure qu’un temps. On retrouve Claire au Mexique, dans le Chiapas. « Je voulais faire l’expérience d’une mission longue. Le Chiapas est une région à part, avec un mélange intéressant : une rébellion zapatiste très active, beaucoup de touristes européens, des populations indigènes avec des traditions très marquées. Mais aussi la culture américaine très prégnante, avec Coca Cola qui s’invite jusque dans les rituels religieux. » Sa double mission : participer à l’organisation d’un séminaire international des associations de volontaires et monter un festival du documentaire engagé. Elle y passe cinq mois, le temps qu’ont duré ses économies, puisque bien sûr elle est bénévole. Le temps aussi d’assister à des manifestations impressionnantes, avec des zapatistes cagoulés, des gens de différentes provinces arrivant en costumes traditionnels, des protestataires qui campent pendant des semaines, des gens qui militent au péril de leur vie. « Les luttes sont très visibles au Mexique car les entorses aux droits de l’homme sont énormes. » Pour Claire, le Mexique est une étape marquante.

Casser les idées reçues

Le retour en France, il y a trois ans, est un peu décalé mais elle se reprend vite. Premières missions pour Unis Cités. Une tentative d’implantation à Bordeaux, avec ses plus et ses moins. « C’est très cloisonné. On ne trouve pas cette impression de mélange et de diversité qui existe à Clermont », observe-t-elle. D’où nouveau retour au bercail. Et nouveau contrat pour Unis Cité, qui l’a conduite à Epicentre.

A ce moment du récit, il est grand temps d’expliquer ce qu’a fait Claire durant les quelques mois où nous l’avons vue faire des apparitions dans nos bureaux avant de repartir aux quatre coins de l’Auvergne et du Limousin. Gageons que peu d’entre nous l’ont vraiment compris dans ses explications entre deux portes.

Unis Cités est une association nationale qui milite pour le volontariat et surtout pour le service civique. Elle a aussi d’autres missions, auprès des entreprises. Prenez la Caisse d’Epargne Auvergne-Limousin par exemple : motivée pour assumer une responsabilité sociétale, pour rencontrer dans un autre contexte ses clients associatifs, mais aussi pour renforcer la cohésion interne de la banque, elle est demandeuse de faire participer ses employés à des actions bénévoles. Les employés sont encore plus demandeurs. Unis-Cités – et donc Claire – leur organise une Semaine de la solidarité qui se déroule sur divers points du territoire. Début octobre, 270 salariés de la banque ont consacré une journée à repeindre un local, encadrer une sortie culturelle pour des handicapés, nettoyer une rivière, donner un coup de main dans une maison de retraite, aux Mains Ouvertes ou à la Banque alimentaire… En amont, il a fallu développer des partenariats avec les associations, identifier des besoins, coordonner la présence de ces bénévoles d’un jour…

Un jour, ça paraît bien peu. Mais Claire argumente : « Ça aide des associations à réaliser des choses qu’elles n’ont jamais le temps de faire. C’est aussi, pour ceux qui veulent s’engager, l’occasion de tester leur capacité à le faire. C’est surtout important pour les rencontres que ça provoque : des banquiers et des personnes en difficulté côte à côte dans un jardin partagé, ça permet de casser des idées reçues, de complexifier le débat. »

Le moindre interstice, il faut s’en emparer

Et maintenant ? Le prochain poste réunit tous les ingrédients importants pour Claire : une embauche au Crefad en contrat aidé, avec un pied à Clermont et un autre prêt à sauter dans l’avion pour le Canada. Elle va encadrer un service civique, sur une mission franco-québécoise qui planche sur l’accompagnement des jeunes adultes en milieu rural. Parallèlement, elle animera des formations. Pour des bénévoles, bien sûr.

Reste à demander à Claire ce qu’elle a perçu Épicentre, durant ces quelques mois à nos côtés. Elle admet qu’elle y est arrivée par défaut, en cherchant un bureau « à l’arrache ». « Le Crefad était jugé trop cher par Unis Cité, parce qu’il facture des services dont je n’avais pas l’usage, comme le secrétariat. J’ai cherché sur internet, mais j’avais encore en mémoire les flyers avec la petite ampoule rouge, qui avaient circulé aux Augustes (3) », raconte-t-elle, avant de poursuivre : « J’apprécie qu’Épicentre se saisisse de questions de société : tous les espaces à prendre, il faut s’en emparer, dans le moindre interstice. J’aime aussi qu’on y croise des gens de tous horizons : des associations, des sociétés à but lucratif, des étudiants, des secteurs d’activité très divers. Ça permet de sortir de son propre réseau où on a parfois tendance à s’étouffer. Ce qui est plus compliqué mais en même temps un avantage, c’est qu’on est toujours tiraillé entre l’envie d’échanger et la peur de déranger ceux qui travaillent. Ça crée plus de fatigue en fin de journée, mais ça apporte beaucoup. »

Claire regrette de n’avoir pas assez participé, faute de disponibilité, aux activités communes ou aux moments de convivialité, de n’avoir pas eu le temps de nouer des relations plus personnelles. Qu’à cela ne tienne : le Crefad est à trois rues d’Épicentre Cowork. On reverra Claire.

(1) Centre de Recherche, d’Etude, de Formation à l’Animation et au Développement, qui se revendique du mouvement de l’éducation populaire.

(2) Consommation, Logement et Cadre de Vie, une association de défense des consommateurs, où Claire s’occupait d’actions de prévention santé.

(3) Café-lecture associatif dont elle est bénévole et même membre du conseil d’administration.

0 Commentaires

Laisser un commentaire