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incubation libre et ouverte : en route vers l’ébullition !

Il va sans doute s’écouler encore bien du temps avant que le passage par un tiers-lieu soit reconnu comme la voie la plus naturelle pour concrétiser une idée d’activité, un projet d’entreprise. Pourtant, l’esprit collaboratif, le foisonnement des initiatives et le formidable effet de réseau qui circulent dans ces espaces hybrides sont des ingrédients au moins aussi propices que les guichets institutionnels.

Les participants à notre ECEI de ce mercredi 12 novembre (1) en sont sans doute ressortis à peu près convaincus. Mais aussi conscients d’avoir quelques montagnes à soulever et un véritable modèle à inventer. Au moins, le projet de société que soulève la question s’avère passionnant et mérite qu’on se relève les manches et qu’on prenne la question à bras le corps, à défaut de savoir par quel bout l’agripper.

Reprenons au début. La question que nous nous posons : comment faire valoir que des lieux comme Epicentre sont des créateurs de valeur, des boosters d’initiatives, des germoirs à entreprises dont le potentiel mérite l’attention, le soutien et même une dissémination significative, en vue de redynamiser l’économie à toutes les échelles et d’apporter conjointement du mieux-être au tissu social ?

Intellectuels aliénés et chien empaillé

Pour amorcer un début de réponse, nous avons invité un vrai spécialiste, homme de recherche et homme de terrain, un de ces « activistes » du mouvement des tiers-lieux dont la ville de Saint-Etienne est (on ne leur en veut pas !) un des épicentres. Antoine Burret est socio-anthropologue. Il prépare une thèse sur les tiers-lieux. Il est l’un des deux auteurs du « Manifeste des tiers-lieux ». Il prépare aussi un livre sur le sujet. Et il a réalisé une étude sur « Les tiers-lieux comme dispositif d’incubation libre et ouvert de projets ». C’est dire s’il est la bonne personne pour nous aiguiller (ou nous aiguillonner?) sur ces questions.

Nous n’étions peut-être pas trop nombreux (une grosse vingtaine) pour participer à la causerie : en ce Mois de l’économie solidaire, nous savons que les sollicitations sont nombreuses. Mais l’auditoire était « comme on les aime », c’est à dire composite. Des habitués et de nouvelles personnes à accueillir. Des institutions (nous avons nos fidèles au Conseil général, merci à eux !). Des universitaires : chercheurs et étudiants. Des porteurs de projets. Des curieux. Des urbains et des ruraux. Certains se reconnaissant peut-être dans cette catégorie des « intellectuels aliénés » décrits par Antoine, ces diplômés qui ne parviennent pas à s’insérer dans l’emploi, sont contraints de créer leur propre activité et constituent le profil type des pionniers du mouvement des tiers-lieux.

On ne s’appesantira pas ici sur le contenu des débats, toujours riche. J’ai eu le grand plaisir d’en rédiger le compte rendu en direct, depuis mon (double) clavier surveillé par un impressionnant chien empaillé, et de le projeter au fur et à mesure en soutien du débat. Vous retrouverez donc ces notes dès maintenant sur cette page de notre wiki.

Le modèle stéphanois

Disons pour résumer qu’on a abordé les formes de collaboration qui font émerger des projets, le modèle économique, encore fragile, qui reste à consolider, les motivations à contribuer, l’importance de documenter et de partager la documentation des projets sous une forme libre et open source. Nous n’avons pas contourné les obstacles, les réticences, les enjeux, les risques. Mais nous n’avons pas oublié les enthousiasmes et l’enrichissement de telles expériences.

L’expérience stéphanoise, qu’a abondamment évoquée Antoine, reste pour nous une vraie source d’inspiration et de motivation. Coworking Sainté réunit huit tiers-lieux qui mutualisent leurs moyens et leurs compétences. Et c’est là aussi qu’est né le vaste projet de partage des savoirs et savoir-faire des tiers-lieux, le wiki Movilab, dont Antoine nous a annoncé qu’il venait de dépasser le million de contributions.

Nos ambitions sont claires : provoquer un bouillonnement comparable à Clermont-Ferrand. Nous en sommes encore loin. Mais nous y travaillons. Rejoignez-nous !

(1) ECEI : « Espaces de collaboration, espaces d’innovation ». Deux ou trois fois par an, Epicentre Cowork organise une journée ou demi-journée ouverte à toutes les personnes intéressées pour « brainstormer » ensemble sur des sujets liés à l’innovation sociale. En général, ces temps communs consacrent un temps de causerie à discuter tous ensemble du sujet, avec un ou plusieurs experts invités, mais où tout le monde peut prendre la parole et apporter sa pierre. La disposition en cercle est conçue pour y favoriser la disposition de la parole. Nous proposons ensuite aux participants de se répartir en ateliers pour approfondir et entrer dans des considérations plus concrètes et pratiques.

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