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Sur nos cimaises : portraits d’excellence

Ce n’est pas parce qu’on déménage bientôt qu’il ne se passe rien au 25, rue des Gras. Il vous reste encore deux mois pour découvrir, revoir, regarder mieux ou même acheter les tableaux de Julien Dugué. Petite visite avec l’artiste.

Grands savants ou génies musicaux...

Grands savants ou génies musicaux…

« Dans mon métier de graphiste, je me suis rendu compte qu’il pouvait être porteur de travailler sur des thématiques et d’aller les proposer aux clients, plutôt que d’attendre des commandes », dit Julien Dugué. En tant qu’artiste, il fonctionne de la même façon : « J’aime travailler sur des thèmes qui me touchent mais dont je sais aussi qu’ils toucheront un grand

Julien Dugué croque les figures de l'excellence.

Julien Dugué croque les figures de l’excellence.

nombre de personnes. Ce n’est pas un choix marketing mais plutôt l’envie de créer du lien, de partager des choses. »

Prenez la thématique des chaussures, par exemple. Choix insolite pour un tableau. Julien consacre une série d’aquarelles à des « portraits » de chaussures féminines et le justifie : « Que ce soit les femmes, qui en sont souvent de grandes collectionneuses, ou les hommes pour le côté fantasme ou fétichisme, elles ne laissent personne insensible. »

Pour les musiciens, la connivence est encore plus évidente. Ce grand fan de Gainsbourg – créateur exigeant, en chanson mais aussi en peinture – n’a pas beaucoup de mal à partager cet exercice d’admiration.

Pour la série des scientifiques, l’histoire est plus personnelle. Julien a eu un grand-père mathématicien de haut niveau, qui fut directeur de l’Institut de Statistique de l’Université de Paris. Il l’a peu connu, mais cette figure reste un modèle dans la famille. « Mon père, expert-comptable, a suivi la voie. Alors que moi, j’ai eu 2 en maths au bac. Ces portraits, c’est une sorte de réparation », explique notre artiste, fasciné par ces savants qui représentent le plus haut degré d’excellence, mais qui sont aussi, souvent, des gens très abordables. A tel point que Julien a pris l’initiative de prendre contact avec l’un des plus prestigieux de notre époque, Cédric Villani, directeur de l’Institut Henri-Poincaré et titulaire de la médaille Fields, l’équivalent du prix Nobel en mathématiques. « Je l’avais entendu raconter que les mathématiciens avaient aussi un côté artiste dans leur activité. J’ai été frappé de voir à quel point il est ouvert, accessible. Nous avons discuté d’art, de sciences, de beaucoup de choses. C’était émouvant car son bureau se situe dans des locaux où a travaillé mon grand-père, dont il avait vu une vidéo de l’INA. » Depuis cette rencontre, le chercheur a accroché dans son bureau un portrait d’Evariste Galois que Julien lui a offert et qui apparaît quelquefois dans des interviews télévisées. Une belle fierté pour notre graphiste !

Une technique particulière du portrait

On ne trouve pas de portrait de Cédric Villani sur les cimaises d’Epicentre – celui-là est encore en projet – mais dans la lignée de savants portraiturés, celui qui ouvre la marche est le Clermontois Blaise Pascal. « Je l’ai réalisé spécialement en vue de l’exposition, car je suis conscient qu’il touchera les gens d’ici. »

Les trois thématiques qui apparaissent dans l’exposition ne sont pas les seules que développe Julien. On peut trouver, sur internet (1) ou dans ses cartons, ses travaux sur Paris ou Bordeaux, ses paysages d’Auvergne ou de Bretagne ou les traces de sa passion pour l’époque napoléonienne…

Si ces tableaux sont des occasions de partage, ils sont aussi autant d’avancées dans sa recherche graphique. Les portraits de musiciens étaient une tentative de travailler la technique de l’huile, qui n’est pas la plus familière pour Julien : « L’huile est une technique à la fois déstabilisante et euphorisante. Elle nécessite de se préparer, d’y passer du temps, d’être seul. C’est complètement différent du dessin ou de l’aquarelle qu’on peut pratiquer sur un coin de table, entre deux activités, dans la spontanéité. » La série des mathématiciens, par ailleurs, a permis à Julien de mettre au point un traitement particulier du portrait à l’aquarelle, qui marquera sans doute sa pâte pour longtemps : « Je joue avec le blanc du papier, j’utilise très peu de couleur pour les visages, de façon à leur donner une luminosité particulière », détaille-t-il.

Si Julien vend ses tableaux depuis longtemps, par le biais de son réseau ou du bouche à oreille, la présentation à Epicentre constitue sa première « vraie » exposition. Cet ancien Parisien, récemment installé en Auvergne, en avait fait un des objectifs prioritaires de sa nouvelle vie. Un premier pas qui, on peut l’espérer, sera suivi d’un long chemin.

 (1) Julien a créé notamment un site internet réunissant les travaux d’artistes sur la capitale, Dessine-moi Paris et un site personnel sur les musiciens, Illustramusic. D’autres exemples de ses multiples travaux, comme graphiste, illustrateur, peintre sur son site professionnel. Egalement à explorer, son blog BD Les Légendes urbaines.

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