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Un parcours au bout du crayon

Le coworker du mois#4 : Julien Dugué

Profitons de ce qu’il propose son exposition sur nos cimaises (voir article précédent) pour mieux faire connaissance avec Julien Dugué, artiste, graphiste, illustrateur et coworker à mi-temps. Portrait d’un néo-Clermontois heureux d’avoir trouvé Epicentre quasiment à sa porte.

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Julien Dugué, dans l’exposition consacrée, entre autres aux mathématiciens illustres : un hommage à son grand-père.

Quand on a un grand-père éminent mathématicien et un père expert-comptable, on a intérêt à être brillant à l’école. Manque de bol, Julien a déjoué toutes les probabilités chères à son grand-père : « J’étais nul en tout, sauf en dessin. C’est ce talent qui me distinguait, depuis tout petit. J’étais inscrit à un atelier pour enfants, avec de vrais artistes comme on n’en voit plus », se souvient-il. C’est donc logiquement cette voie qu’il choisit, une fois passée et ratée l’épreuve du bac. Il s’imagine d’abord dans la pub, après avoir entraperçu en stage une agence qui lui plaisait. Mais il découvre lors de ses premières études que la réalité ne correspond pas vraiment à ce dont il rêvait et que ce milieu aux dents longues n’est pas fait pour lui. Il quitte alors son Bordeaux natal pour la prestigieuse école Emile Cohl à Lyon. « C’était dur, très exigeant. Mais j’y ai beaucoup appris. » Sauf qu’en sortant du cursus, il s’imagine trouver facilement du travail dans l’illustration, mais que la « vraie vie » en décide encore autrement.

Un peu perdu, mais encouragé et soutenu par une tante qui fait office de bonne fée, il s’installe à Paris et se fait embaucher à Regards, journal d’extrême-gauche où il est maquettiste et case aussi ses premiers dessins de presse. Julien y fait l’expérience de l’entreprise, de ses contraintes, de ses pressions. Et en conclut que ce n’est pas pour lui. Voilà comment on devient free-lance.

Polyvalence et créativité

Encore faut-il pouvoir en vivre. Pour cela, Julien a ses recettes. « Comme je n’ai pas l’âme d’un commercial, je me suis concentré sur mon site web. A l’époque, vers le milieu des années 2000, c’était encore possible de se créer une bonne visibilité sur internet. Ça m’a amené des clients. » Il faut aussi être polyvalent : Julien propose aussi bien du graphisme, de l’illustration, de la création de sites. Il s’adresse à tous types de clientèle. Il recherche les « bons clients », qui peuvent le solliciter avec régularité. (1)

Il obtient ainsi des commandes pour les éditions de La Martinière Jeunesse, place des dessins de presse à l’Auto Journal, travaille pour des associations, des musées, des grandes et petites entreprises…

Sa tactique passe aussi par la créativité : « Plutôt que d’attendre les commandes, je travaille sur des thématiques. Ça me permet d’être dans la proposition ou d’inspirer des commandes. »

Vive le collectif !

autoportrait en graphiste parisien, tel qu'on le rencontre sur la page d'accueil de son site.

autoportrait en graphiste parisien, tel qu’on le rencontre sur la page d’accueil de son site.

Ça marche donc plutôt bien pour Julien. Cependant tout n’est pas rose. Comme beaucoup d’indépendants, il apprécie de maîtriser son emploi du temps et son travail, mais pas trop l’isolement qui va avec. Sa première réponse pour en sortir est celle d’un créatif : il a l’idée de fédérer des artistes autour d’une thématique porteuse. Il est à l’initiative du site internet Dessine-moi Paris, qui réunit aujourd’hui une trentaine d’artistes, parisiens ou d’ailleurs, même d’au-delà des frontières. « Ça a été un travail colossal. Je suis allé rencontrer les artistes, j’ai appris à les convaincre, organisé des réunions. Ça a été aussi un prétexte pour visiter la ville, recenser les monuments, sortir. Ça a pris des proportions importantes. Nous présentons aujourd’hui 360 dessins. Le site est traduit en anglais. Et nous formons maintenant un vrai collectif, quoiqu’informel. »

Julien s’occupe aussi avec d’autres thématiques, mais de façon plus individuelle. Son site sur les musiciens recense déjà les portraits de plus de soixante artistes. Il y a aussi le blog BD des Légendes urbaines. Et le prochain projet nous plongera dans l’époque napoléonienne, qui le passionne.

Le remède à l’isolement passe aussi par le coworking. Julien y pensait déjà à Paris. Il a essayé le 100, un grand regroupement d’ateliers d’artistes, dans l’esprit du squat, dans le 12e arrondissement. « Ça ne me convenait pas totalement car j’ai plutôt besoin de côtoyer des gens d’horizons différents », reconnaît-il.

Clermont-Ferrand : une bonne surprise

Du coup, lorsqu’il décide de rejoindre sa compagne à Clermont-Ferrand, d’abord en venant régulièrement, puis en s’installant définitivement, Julien découvre avec bonheur qu’un lieu de coworking s’est installé juste à côté de leur logement. « Epicentre correspond exactement à ce dont je rêvais, dit-il. Ça permet de sortir, de rencontrer du monde, de fréquenter d’autres milieux, d’autres façons de voir le travail et d’autres caractères. Ça donne une vraie impulsion, un dynamisme. Surtout à voir agir des gens qui sont moteurs, qui vont toujours de l’avant. Même à Paris, il n’y a pas beaucoup d’endroits où on peut trouver cette ambiance. » Une impression qu’il généralise à toute la ville : « Je trouve qu’il s’y passe plein de choses, par exemple sur le plan artistique avec le festival Nicéphore, les Carnets de voyage ou les Arts en balade. Je ne m’attendais pas à ça. Sans parler de la nature tout autour. Je m’y plais vraiment. »

Cerise sur le gâteau, Julien a pu aussi réaliser grâce à Epicentre sa première vraie exposition. « C’était le moment et c’était mon premier objectif en m’installant ici. » Objectif n°1 atteint !

Et après ? Pour l’instant, il conserve sa clientèle parisienne. « Les gens pensent que je suis encore à Paris. Avec internet, c’est facile de travailler à distance. » Du coup, Julien ne cherche pas spécialement à se faire connaître à Clermont… mais il n’est pas fermé aux propositions !

(1) Pour découvrir son site professionnel : www.juliendugue.com 

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