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Une histoire de canards et de plume agile

Le coworker du mois#8 : Marie-Pierre Demarty

Abordons aujourd’hui le parcours dense et riche de Marie-Pierre Demarty, une des figures incontournables d’Epicentre, et pas seulement parce qu’elle est la principale rédactrice de ce blog.

Etonnant mélange entre créativité et rigueur, elle est bien souvent l’élément structurant des discussions partant dans tous les sens dont Epicentre a fait sa marque de fabrique. En pleine période de remise en question professionnelle, il est toujours intéressant de passer un peu de temps à se remémorer les étapes passées, et réaliser que derrière les virages et changements de cap, la cohérence des trajectoires fait se dire qu’il n’y a pas de hasard…

13378_934039543313770_8538866790891669489_nUn des fils conducteurs du chemin de Marie-Pierre est celui de l’écriture : bien que scientifique de formation, l’évidence de l’écrit s’est rapidement imposé pour cette corrézo-pied-noir d’origine. Pas pour courir après une carrière un peu nébuleuse de pseudo-écrivain, mais de l’écriture concrète, au service des autres, et permettant de partir à la découverte de son contemporain. C’est donc par le journalisme que Marie-Pierre a fait ses premières armes de plume… pas tout à fait agile. « J’ai eu la chance d’intégrer la Grande Ecole de journalisme de Lille. Mais de l’avis de mes profs, mon style était au départ ‘clair mais un peu lourd’, on sentait la rigueur de la scientifique derrière mes descriptifs ». Pas toujours facile, le mélange des genres… Malgré ces premiers pas hésitants, l’écrit était déjà une évidence. Trop timide pour faire de la télévision, et même de la radio, même si cette photo montre que les choses sont aujourd’hui bien différentes, Marie-Pierre assurant une chronique dans quasiment chaque édition de notre émission Système-Co. Mais revenons à cette première expérience journalistique : ça sera dans la presse écrite.

Avec, déjà, le goût des autres : après un petit passage dans la presse auvergnate, région de naissance un peu par hasard, c’est dans une ville pas facile, à Calais, qu’elle s’est épanouie dans son premier métier. Entre rigueur des mentalités, misère locale, et scène culturelle courageuse, elle a trouvé son équilibre dans un petit quotidien local qui fonctionnait de manière collaborative (déjà !) : « on était une toute petite équipe, tout le monde participait aux conférences de rédaction ». Epuisant, mais passionnant : il fallait porter le titre à bout de bras, couvrir les événements locaux, et trouver son équilibre entre la nécessaire rubrique des chiens écrasés, et l’épanouissement amené par la couverture des saisons culturelles. Avec dans tous les cas un sens de la curiosité, de la découverte des autres. Déjà toutes les qualités que l’on connait de ‘notre’ Marie-Pierre !

Comme souvent, les belles aventures professionnelles se heurtent un jour ou l’autre au mur des valeurs. Après un détour de Calais vers Dunkerque (‘une ville extraordinaire !’), et une lassitude qui commençait à poindre, c’est à l’occasion d’un rachat bien peu journalistique, mais très stratégique, qu’elle a fini par faire jouer sa clause de conscience pour partir vers un autre chemin. « Je n’ai rien contre le marketing, mais je ne me sentais pas aller vers ce mélange des genres que représentait cette nouvelle tendance du marketing rédactionnel ». Privilégier le respect de ses valeurs à une carrière plus confortable lui vaudront tout au long de son parcours des regards un peu perplexes mais quelquefois envieux de collègues conscients de certaines dérives. Elle ne reviendra pas au journalisme, mais en retiendra beaucoup d’enseignements : la plume est beaucoup moins lourde, et elle utilisera souvent par la suite cette compétence de comprendre vite, et de savoir écrire encore plus vite sur n’importe quel sujet.

Ce saut vers l’inconnu l’a amené vers le monde de la culture, dont elle avait entraperçu les coulisses en couvrant en tant que journaliste les saisons culturelles : les pages ‘culture’ étaient souvent à disposition… à condition d’avoir traité le reste avant ! Mais ce n’est pas par une vocation d’artiste que Marie-Pierre a abordé ce virage, mais une fois encore au service des autres, par le biais d’une formation d’administration et de gestion du spectacle vivant.

Cette ‘spectatrice professionnelle’ allait donc basculer de l’autre côté du miroir, et découvrir l’ambiance foisonnante et exigeante du montage de spectacle, tout d’abord au sein de la Scène Nationale de Belfort. « De toute façon, on y arrive toujours ! » est rapidement devenu son mantra. Car de l’espoir, il fallait en avoir parfois pour parvenir à ses fins, en plus de devoir gérer les contraintes techniques, administratives, juridiques… et accessoirement les exigeances artistiques.

Après un passage dans d’autres structures, une évidence s’est forgée : le domaine est passionnant, mais les egos dictatoriaux de certains dans ce milieu sont fort peu compatibles avec le caractère certes souple, mais difficilement façonnable de Marie-Pierre : l’envie de liberté et d’autonomie est la plus forte. D’où l’idée de ne plus intégrer une structure, mais de tâter du terrain de l’indépendant, toujours au service des autres, mais avec la liberté qu’amène ce statut.

Personne ressource essentielle tout en restant cloitré chez soi : curieux paradoxe de cette période, avec à la fois la joie de voir grandir des projets dans des domaines très divers (« une grande richesse, surtout dans les rencontres »), mais aussi un sentiment d’enfermement, à la fois par l’isolement du télétravail, et par le réflexe d’entre-soi qu’a parfois ce milieu artistique. A empiler les projets avec gourmandise, Marie-Pierre a contribué à la création de la compagnie Auvergne Imaginée, de deux groupements d’employeurs, de dizaines de spectacles, fait partie aujourd’hui de la gouvernance de la Baie des Singes, et veille de manière très active au développement d’Epicentre.

21a6bc9Car Marie-Pierre est à nouveau en plein dans un virage : fini la solitude du travail à domicile, celle que l’on connait aujourd’hui est une fidèle du coworking, au BO Collectif tout d’abord, chez Epicentre aujourd’hui. Et elle a aujourd’hui franchi le pas d’une activité à son compte : en conciliant désormais ses différentes expériences et compétences pour mettre sa plume au service de ses clients. Derrière cette Plume Agile, c’est la personnalité riche et attachante de Marie-Pierre que l’on retrouve, un esprit libre et à la découverte des autres.

Laissons lui donc la parole, avec une sensibilité qui n’est pas sans lien avec sa passion des voyages : « l’humanité est une oeuvre dont on fait partie, dans toute la diversité des peuples et des choses ».

1 Commentaire

  • Roquette 21 mars 2015 - Répondre

    Bravo pour ce parcours… d’une personne qui est vraiment très agréable tant son regard ouvert aux autres vous enveloppe d’une grande chaleur humaine.

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