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De projet en projet, de culture en territoire, de la gestion à la créativité

Le coworker du mois#9 : Clémentine Auburtin

Pendant les travaux, le blog continue. Et pour marquer l’installation dans notre nouveau repaire, honneur à notre présidente. Enfant de la balle ou gestionnaire chevronnée ? Les deux, mon général !

Clémentine : femme de dossiers... mais ça n'empêche pas le sourire !

Clémentine : femme de dossiers… mais ça n’empêche pas la rigolade !

Elle est fille d’artistes. Elle a grandi sur le plateau de la Croix-Rousse, ce quartier bohème de Lyon où fleurissent les bars à concerts, les fêtes et les ateliers d’art. Dès toute petite, elle a suivi le mouvement. Elle créait des spectacles bien avant d’avoir quitté les bancs de l’école. Plus tard, durant ses études de Lettres, elle participe à un tas d’aventures culturelles. « On montait des festivals entre copains ; on organisait des tournées pour des groupes qu’on aimait bien. On aimait se lancer des défis, comme mettre sur pied en dix jours un festival des Guinguettes de Lyon, qui a drainé cent mille personnes. C’était vraiment pour le plaisir, car j’avais aussi un job alimentaire : j’étais serveuse dans un bar », se souvient-elle. Un job qu’elle abandonne lorsque la culture commence à lui faire gagner sa vie : en maîtrise, l’étude du théâtre élisabéthain ne lui suffit pas ; elle gère les productions de compagnies installées, reconnues, internationales.

C’est l’époque où elle renonce à l’idée de devenir enseignant-chercheur en littérature et résout du même coup la schizophrénie de ses activités. C’est décidément le monde des saltimbanques qui l’attire, plus que celui des concepts. Elle s’oriente définitivement vers l’accompagnement artistique.

Escapade vendéenne

2003 : pour valider les savoir-faire accumulés sur le terrain, elle s’inscrit au DESS « Gestion de projets culturels » à l’Arsec, « filiale » culturelle de l’Université de Lyon 2. C’est là qu’elle rencontre, entre autres, une certaine Emmanuelle Perrone. Elle acquiert encore des compétences. Et continue à participer à divers projets. Puis commence à travailler au Théâtre Astrée, une salle de spectacle installée au cœur du campus de Villeurbanne.

Et puis vient l’envie de prendre l’air… Elle répond à l’appel d’un copain qui vient de prendre la direction d’une préfiguration de cinéma. Elle s’embarque avec sa petite famille pour La Roche-sur-Yon. Le boulot est chouette : il s’agit d’organiser un festival, de programmer dans des lieux provisoires, de rédiger, de monter et de défendre le projet… Mais la région ne lui plaît pas trop, mise à part la proximité de la mer et de la trépidante vie culturelle de Nantes. « Les Vendéens vivent chez eux, assez repliés sur eux-mêmes. »

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Une présidente multifacettes pour Epicentre Cowork !

Opportunément, au bout de deux ans, un autre appel la décide à essayer autre chose. Nous sommes en 2008. Emmanuelle Perrone l’incite à venir la rejoindre à Gannat, Auvergne, où elle a pris la direction de l’Association nationale Culture et Traditions. « Je découvrais totalement l’Auvergne et c’était intéressant d’y entrer par le prisme des musiques traditionnelles. En trois ans et demi, j’en ai sans doute appris plus sur la région et sa culture que beaucoup de Clermontois natifs », reconnaît Clémentine, qui a pris le poste d’administratrice. « Avec Emma, on essayait de développer la notion de patrimoine culturel immatériel, d’opérer des croisements avec le social, la citoyenneté, le territoire… Mais nous allions à l’encontre de la vision folkloriste, un peu poussiéreuse, qui existait dans cette institution. Nous nous sentions frustrées et ce n’était pas notre projet. Du coup, nous avons commencé à imaginer ensemble ce qui allait devenir Cultures Trafic. Nous avions envie de décloisonner le secteur associatif, de le faire dialoguer avec les entreprises, de travailler la diversité, l’ouverture… »

Trois bébés

Le moment déclencheur se produit lorsqu’elles tombent enceintes quasiment en même temps. C’est un signe. Elles décident alors de porter ensemble ce troisième bébé. « C’était drôle. Nous allions voir les banquiers avec nos gros ventres. Ils étaient à la fois attendris et étonnés. »

La suite se confond avec l’histoire de Cultures Trafic, de son alter ego Emmanuelle et aussi avec l’histoire d’Epicentre, qu’elle préside depuis la création de l’association en 2012. Concentrons-nous donc sur le rôle particulier que joue Clémentine. Son expérience de gestionnaire de structures culturelles lui permet d’apporter – entre autres – tout son sérieux et toutes ses compétences pour prendre en charge les budgets, les démarches administratives et sociales, les aspects juridiques, la conduite opérationnelle des projets… Ce qui ne sera jamais de trop dans l’aventure complexe et innovante de notre tiers-lieu. Ni dans la SCOP qui grandit, s’affirme et se réoriente en fonction des nécessités, mais aussi de ce que lui apporte l’aventure d’Epicentre.

Alors qu’Emma s’enflamme pour les démarches collaboratives, Clem creuse les pistes économie sociale et solidaire, sociétés coopératives, associations culturelles. Ce n’est pas un hasard si elle a pris des responsabilités dans le conseil d’administration de l’Union régionale des SCOP et même dans celui de l’instance nationale. Ou qu’elle a repris des études l’an dernier à Paris Dauphine, pour décrocher un diplôme de Management des entreprises coopératives.

Un intérêt particulier aussi pour les projets en lien avec un territoire, comme pour mieux être en accord avec son environnement et avec les gens qui le partagent. D’où son enthousiasme pour Epicentre, encore plus dans sa version Factory, avec le vœu « que ça s’ouvre sur le quartier, sur la rue, avec toutes les interactions qu’on peut imaginer ».

Dans la bonne humeur

Finalement, résume Clémentine : « J’ai passé ma vie à monter des projets et à accompagner les projets des autres. J’aime sentir que ce que nous faisons est utile, ouvre des perspectives pour redonner du souffle à une action. »

Encore un exemple ? Depuis trois ans, Clémentine enseigne l’organisation de la production aux étudiants du Master 2 « Management des Affaires Culturelles et Audiovisuelles » de l’Université d’Auvergne. Pas par un enseignement purement théorique en amphi. Mais en organisant avec chaque promotion l’Electric Palace, ce cabaret éphémère qui sert de joyeuse annexe au Festival international du court métrage. Du concret, dans ce qu’il a de plus épuisant et de plus enthousiasmant !

Jamais en reste non plus pour aller voir ailleurs comment se gère un tiers-lieu, pour s’essayer à collaborer à notre émission de radio, pour apprendre tout ce qui passe à sa portée. Tout cela, toujours dans la bonne humeur et en donnant l’impression d’une certaine insouciance – enfin, presque toujours…

3 Commentaires

  • Ema Perrone 26 avril 2015 - Répondre

    Elle est chouette ma collègue ! C’est trop bien de travailler avec elle !

  • ROQUETTE Odette 28 avril 2015 - Répondre

    Une trajectoire professionnelle innovante : un atout indéniable pour la création et l’organisation de tout ce qui gravite autour d’Epicentre Factory…. Même si par la force des choses, je reste en marge, malgré tout, j’aime voir ce qui se passe et je ressens les remous avec un réel plaisir. Les deux copines Emma et Clémentine ouvrent des perspectives enrichissantes pour l’humain…. Merci.

  • Johanes 26 mai 2015 - Répondre

    Intéressant son parcours, je lui souhaite de la réussite !

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