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Un nom, un logo, une histoire #1 : Rayko raconte Spalato

Parce que la création d’une identité est une question centrale lorsqu’on se lance dans un projet entrepreneurial et parce que de nombreux coworkers y sont confrontés, Epicentre Média vous raconte l’histoire de ceux d’entre nous qui sont passés par là. Une façon de faire d’une pierre deux coups : vous les présenter et partager des expériences inspirantes.

Le premier invité de cette rubrique, Rayko Gourdon, vient tout juste de créer l’identité de sa nouvelle société, encore en cours de création.

Epicentre Média : Peux-tu commencer par nous présenter ton activité ?

Rayko Gourdon : J’ai deux activités. Premièrement, j’exerce en libéral le métier d’architecte, avec une particularité : je suis « architecte du patrimoine », titre que l’on obtient après le diplôme d’architecte, en se formant au Centre des Hautes Etudes de Chaillot. Cela me permet d’intervenir sur des monuments historiques, pour de la restauration ou de l’ajout de parties neuves. J’ai travaillé par exemple sur des églises en Haute-Loire ou dans l’Allier. Ou sur une cave du vieux Clermont, qui avait été transformée en chapelle au XVIe siècle avec des éléments plus anciens : tout cela sous un immeuble qui menaçait de s’écrouler. En tant qu’architecte, je travaille aussi sur la construction de petits bâtiments publics comme des salles des fêtes ou des maisons de retraite.

Ma deuxième activité, que j’exerce sous forme de société, concerne l’urbanisme des centres anciens : cela consiste à protéger l’ancien et à encadrer les constructions nouvelles de ces périmètres historiques, en créant une règlementation qui préserve l’harmonie. J’interviens partout en France. Cela nécessite pour chaque cas des recherches approfondies, sur l’histoire du bâti, la géographie, les paysages… de façon à pouvoir argumenter mes choix. En général, je laisse une grande liberté dans les formes mais je suis très strict sur les matériaux, parce que c’est ce qui ne change pas au cours de l’histoire d’un lieu, alors que les formes et les usages des bâtiments évoluent plus facilement. J’ai ainsi travaillé, pour le compte des communes ou de l’Etat, à Dijon, Pézenas, Charleville-Mézières, dans le Lot-et-Garonne, etc.

E.M. : Aujourd’hui, quelle est ton actualité ?

R.G. : Je viens d’obtenir une commande de ce type pour le centre ancien de Clermont-Ferrand. La ville a une règlementation pour le vieux Montferrand mais encore rien pour Clermont.

L’autre actualité, c’est que je suis en train de préparer la fusion de mes deux activités, au sein d’une nouvelle société unique. J’ai ce projet parce que mon activité d’urbanisme, jusqu’à présent, n’était pas soumise à l’Ordre des architectes. Cela ne sert pas à grand-chose mais mes commanditaires me le demandent de plus en plus. Du coup, cela prend du temps parce que mes statuts doivent être validés par l’Ordre avant la création de la société, ce qui n’est pas très logique… et très lent.

En attendant, j’ai déjà créé l’identité de cette nouvelle structure, que je ne pourrai sans doute pas utiliser avant le printemps ou l’été prochain. Je l’ai appelée Spalato.

E.M. : Comment as-tu choisi ce nom ?

R.G. : Spalato est l’ancien nom de la ville de Split en Croatie. Et ce nom vient du latin « palatium », qui signifie « palais ». Le palais dont il s’agit est celui que l’empereur romain Dioclétien s’était fait construire dans sa ville natale. Par la suite, les ruines du palais sont devenues la ville de Spalato et marquent encore très fortement l’aspect de la vieille ville. La muraille reste bien visible et la cathédrale a elle-même été édifiée dans le bâti du mausolée de Dioclétien. C’est un endroit très exceptionnel, d’ailleurs inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

J’ai choisi ce nom parce que l’endroit est une illustration de mes activités : c’est à la fois un bâtiment et une ville. Il raconte aussi l’histoire et le passage du temps, avec la réutilisation des bâtiments, l’accumulation de couches successives. Tout cela est très présent dans mon travail, même quand je construis du neuf, car un nouveau bâtiment s’inscrit lui aussi dans l’histoire d’un lieu : de son passé et de son futur.

E.M. : Et le logo est intimement lié à ce choix de Split-Spalato ?

R.G. : C’est un plan stylisé de la ville-palais de Split. Je l’ai réalisé moi-même, en m’inspirant d’un plan archéologique datant du début du XXe siècle. J’ai veillé aussi à respecter son orientation exacte, par rapport à un nord pointant vers le haut de la page. Car l’orientation est aussi très importante en urbanisme et en architecture.

Quant à la couleur rouge, elle n’a pas une signification très importante, sinon peut-être la lisibilité. Et l’enthousiasme. Et aussi la volonté de créer une certaine continuité avec l’identité graphique de l’ancienne société, car ce changement risque de dérouter un peu mes clients.

E.M. : Tu n’as donc pas fait appel à un graphiste ou un professionnel de la communication pour créer cette nouvelle identité ?

R.G. : Pas du tout. Mais j’ai demandé l’avis de quelques coworkers d’Epicentre. Et pour une fois, j’ai tenu compte de ce qu’on m’a dit !

Texte : Marie-Pierre pour Epicentre Média

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