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La diversité à Epicentre #1 : Ma vie de quinqua en coworking

Ceux qui s’imaginent que les espaces de coworking sont remplis exclusivement de jeunes geeks en tongs pourront aller réviser leurs manuels de sociologie pour les nuls. Le coworking, en tout cas à Epicentre, ça fonctionne sur la complémentarité. Celle des compétences et des projets, nous vous la racontons régulièrement. Mais il y a bien d’autres façons de considérer la diversité des coworkers. Epicentre Média vous la fait découvrir dans cette nouvelle série d’articles. Et pour commencer : un regard générationnel.

Au Comptoir d'Epicentre, les générations se parlent. et se complètent.

Cohabitation heureuse entre générations : il n’y a pas d’âge pour coworker !

Si les 25-35 ans sont majoritaires à Epicentre, les plus anciens se souviennent que nous avons accueilli un coworker de 14 ans. Et que Christopher, qui fut un temps notre doyen, avait passé les 70 ans. Nous comptons pas mal de quadras dynamiques et même, osons le dire, une poignée de quinquagénaires unanimement heureux de s’y trouver. Je peux en témoigner : j’en fais partie ! Alors voici quelques impressions vécues, pour faire tomber quelques idées reçues.

Première leçon à retenir : les conflits de générations, ce n’est pas une fatalité. Autant ils coulent de source dans des situations d’entreprises ou de familles, où les enjeux d’autorité et de préséance sont de mise, autant l’écoute mutuelle s’avère d’une grande richesse lorsque la hiérarchisation est absente. Ici, tu es tour à tour maître et élève ; tout le monde cherche à apprendre de son voisin. Démonstration en trois étapes :

1- Dépasser les décalages culturels

Evidemment, cohabiter en coworking requiert quelques prédispositions pour les plus anciens, comme par exemple :

  • rester humble et savoir admettre ses failles ;
  • faire quelques concessions, par exemple sur le choix du fond musical (encore que quand on entend les plus jeunes s’enticher pour les vieux tubes de Francis Cabrel, ça peut aussi nous rajeunir !)  ;
  • se résigner à ne pas tout comprendre : chacun sa culture, son langage et ses références (selon le contexte, affecte un sourire entendu, pose ingénument the question idiote ou fais semblant de penser à autre chose) ;
  • garder son sang-froid quand ton camarade de discussion, au café, constate que tu as l’âge de sa mère ;
  • maîtriser ses crises de panique lorsque la communauté s’entiche d’un nouvel outil informatique (je commence à m’habituer à Google Drive et au Hub, mais je ne vais pas pouvoir faire une nouvelle révolution culturelle toutes les semaines !) ; si vraiment ils insistent, rajoutes-en dans la crise de panique : quelqu’un viendra forcément te secourir charitablement.

2- Rester jeune

A ces quelques conditions, le coworking présente plein d’avantages pour le quinquagénaire :

  • C’est l’endroit idéal pour se tenir au courant des tendances les plus dingues de l’évolution de notre monde.
  • Le quinqua coworker garde tout de même une bonne longueur d’avance sur sa propre génération quant aux infinis possibles des nouvelles technologies de l’information. Comme dit ma camarade Sandrine, « ça permet de vivre dans son siècle ».
  • Travailler entouré de plein de jeunes aide aussi à rester vif et agile, au moins d’esprit (Non, n’insistez pas, vous ne me ferez pas participer à vos parties de squash ou à vos marathons en milieu boueux !).
  • Se détendre et échapper à l’esprit costume-cravate très invasif dans la génération de cadres à laquelle nous aurions dû appartenir, c’est tout ce qu’il y a de plus savoureux.
  • Le must : pourvu que tu le demandes gentiment, tu auras toujours sous la main quelqu’un pour te dépêtrer d’un bug informatique ou t’aider à installer un logiciel un peu tordu. Et ça, c’est précieux.

3- Trouver sa place

Mieux ! Le vétéran a aussi son utilité en coworking. C’est prouvé scientifiquement par mon expérience personnelle. Comment ?

  • Cinquante ans d’expérience de l’humain, ça peut toujours servir, dans des débats parfois animés ou des moments de découragement passagers ;
  • Cinquante ans de mémoire et de culture générale, ça peut aussi être utile pour apporter des lumières plus vivantes que celles de wikipédia. Voire, pour contribuer aux séances de mots fléchés collectifs à la pause-café ;
  • Un peu de maturité et d’expérience ne nuisent pas lorsqu’il s’agit de guider un jeune entrepreneur dérouté par les embûches de l’administration, le machiavélisme d’un financeur ou l’incompétence d’un partenaire ;
  • Et bien sûr, la botte secrète de notre génération : l’orthographe, le bon français que nous les ancêtres connaissons sur le bout de nos listes d’exceptions au pluriel des noms. Et ça, ça vaut de l’or pour les victimes de la méthode globale…

Un dernier conseil : si tu te surprends à entamer tes phrases, plus d’une fois par semaine, par « Je me souviens il y a trente ans… », commence à surveiller ton langage. Ça pourrait finir par être pénible pour la génération Z. Ou comme ils disent, ça risque de les « saouler grave ».

Marie-Pierre pour Epicentre Média

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