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Magik Factory : Epicentre à l’âge du faire

Des années qu’on en rêvait ; Nicolas l’a fait. Depuis février, Epicentre a son atelier de fabrique. Chaque mercredi soir, quinze à vingt bricoleurs se retrouvent dans la cave. Nom de code : Magik Factory. Epicentre Média est allé respirer l’ambiance…

Ici, un entassement de matériaux de récup’ surmonté d’un écriteau « Ceci n’est pas une poubelle ». Là, une grande boîte contenant des automates en devenir. Au sol, des objets divers attendent patiemment qu’on veuille bien les terminer : un four solaire, un vélo assis, des embryons de jardinières. Des outils. Un établi fait maison. Beaucoup de bois. Des piles et des piles de carton. Bienvenue à la Magik Factory.

Chaque mercredi soir, la lumière s’allume et la cave prend vie petit à petit. Bientôt ils sont une bonne quinzaine. On ouvre les bières, on commande les pizzas, on fait connaissance avec les nouveaux. On recense les derniers trésors amassés : des nouveaux cartons bien propres, des panneaux de bois récupérés par hasard avant le passage des éboueurs, de précieux fils métalliques de différents calibres…

…un four solaire : Made in Magik Factory.

…des automates en cartons…

Des lapins parce que c’est Pâques…

Puis la tribu se regroupe autour de Nicolas pour organiser les chantiers du soir, en fonction des présents, de leurs compétences et de leurs envies. Aujourd’hui, trois groupes se forment. Les passionnés de numérique s’installent dans la mezzanine pour un atelier de modélisation 3D, sous la conduite des plus initiés ; groupe où se croisent des profils complémentaires d’ingénieurs, designers, architectes… et des néophytes qui viennent découvrir de nouvelles techniques. Au sous-sol, c’est Jérémy qui anime l’atelier bois. Après avoir prodigué des conseils pratiques à l’un sur la charpente de sa cabane ou à une autre qui souhaite un rappel sur la façon de marquer des pièces de bois à assembler, il annonce le chantier du jour : un apprentissage de l’assemblage tenon-mortaise, qui fait suite au cours « queue droite » de la semaine dernière.

« On cherche ensemble »

A l’autre bout de la cave, Hélène rassemble le petit groupe qui travaille sur des prototypes d’automates en carton. Décoratrice et spécialiste des objets en carton, elle explique être venue pour s’initier aux petits mécanismes permettant d’animer ses figurines par des systèmes de roues et de manivelles : « Ça a l’air simple mais c’est en fait très compliqué. J’espérais trouver ici quelqu’un qui sache faire mais faute de trouver cette compétence, je pilote l’atelier et on cherche ensemble comment faire. »

L’exemple est typique de cette petite communauté où se croisent des personnalités hétéroclites mais toutes animées par des envies de découvrir, de se perfectionner, de créer… « Quand on aura mis au point nos mécanismes, j’aimerais bien passer à des automates en bois pour qu’ils aient plus de tenue. Et pourquoi pas, plus tard, y ajouter des petits moteurs en profitant d’autres compétences. Je participe dans l’idée de pouvoir diversifier mes savoir-faire, mais aussi profiter des outils, des échanges, de l’espace, parce que le reste du temps, je travaille chez moi et c’est plus limité. »

Créativité et plaisir de transmettre

Aujourd’hui les divers chantiers sont d’abord des occasions d’apprendre des techniques. Mais ils sont tous, en même temps, en mode production. « On a tout le temps plein d’idées », confirme Pierre, qui ce soir a proposé un challenge aux différents groupes : à l’occasion de Pâques, chaque groupe devra inclure dans un objet une petite figurine de lapin.

Nicolas confirme cette émulation : « Dans le groupe se croisent des profils très divers, avec des ingénieurs, des designers, menuisiers, un facteur d’orgue… Mais aussi des dilettantes curieux, et encore des instituteurs venus parce qu’ils avaient besoin de construire des jardinières pour un groupe d’enfants handicapés. La semaine dernière, une de ces instits est venue avec son mari menuisier et elle a pu découvrir son savoir-faire ; ils ‘travaillaient’ ensemble pour la première fois. »

Atelier menuiserie : l’assemblage tenon-mortaise expliqué par Jérémy.

Ce qui étonne ici, c’est la bonne volonté et la patience avec laquelle Jérémy, Jonathan, Hélène, tous ceux qui savent, se prêtent à l’animation des groupes où d’autres sont là pour apprendre : plaisir manifeste de transmettre, mais pas seulement. « Il y a aussi l’envie d’échanger des savoirs, de valoriser des techniques, de partager une culture de leur métier, poursuit Nicolas. Et aussi de développer leur créativité : un menuisier peut passer son temps professionnel à fabriquer toujours les mêmes cuisines ; un ingénieur, qui a l’habitude de déléguer la fabrication à des machines, peut avoir envie de mettre la main à la pâte. Ici, il y a un ‘esprit french touch’ qui mélange le tour de main de l’artisan, l’intérêt pour la pièce unique, les beaux matériaux, l’invention… un côté anti-standardisation ! »

Et ce n’est qu’un début !

La Magik Factory n’en est encore qu’à ses débuts mais le groupe semble déjà très motivé et tout excité par les perspectives de développement qui se profilent déjà. L’actualité immédiate, c’est un partenariat avec l’enseigne Zodio, qui va fournir du matériel. D’autres mécènes commencent aussi à dresser l’oreille. Et des discussions sérieuses sont en cours pour inclure l’atelier dans la première extension du projet Rue Créative d’Epicentre : il permettra d’installer nos makers dans des locaux plus appropriés, qui leur apporteront à la fois plus d’espace, la lumière du jour et une visibilité, tout en restant proches de l’écosystème d’Epicentre où il y a plein d’idées, de savoirs et de méthodes à échanger. Des échanges que le groupe compte aussi provoquer à l’occasion de différents événements, peut-être dès ce printemps et surtout, en septembre, à l’occasion de la Belle Semaine, qui reste le point de mire pour montrer les premières réalisations abouties.

En attendant, les personnes intéressées peuvent dès maintenant rejoindre ce groupe très accueillant : chaque mercredi soir à partir de 19 heures, dans le sous-sol d’Epicentre.

Marie-Pierre pour Epicentre Média

Automates en carton ou modélisation 3D : à chaque atelier son ambiance et ses adeptes.

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