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Un nouveau sourire à l’accueil d’Epicentre

Un nouveau visage fait son apparition à l’accueil d’Épicentre Factory. Même si Lancelot Fumery est loin d’être un inconnu dans notre tiers-lieu, il nous a semblé important de faire mieux connaissance, parce qu’il a bien l’intention de provoquer quelques ondes de choc dans notre communauté, qui en a parfois bien besoin.

Il n’a pas encore pris ses fonctions en tant que salarié que la dynamique est déjà enclenchée : une cobouffe « spéciale couscous » ce vendredi avec une tablée comme on n’en espérait plus, des tutoriels sur le Hub pour ne rien manquer des usages du tiers-lieu, une initiative collective pour saluer la nouvelle génération des bébés coworkers… Tous ces signes que les choses bougent, on les lui doit. Et on s’en réjouit.

Si nous savons que l’accueil et l’animation de notre communauté ne sont pas des rôles faciles, nous pouvons d’ores et déjà faire confiance à Lancelot pour y imprimer sa marque. Et ce pour au moins deux raisons : sa bonne connaissance du « terrain » qu’il fréquente assidûment depuis trois ans et l’énergie volontariste qu’il apporte à tout ce qu’il entreprend.

Croquer la vie

Trois ans, c’est le temps écoulé depuis que Lancelot s’est installé à Clermont : en provenance de Beauvais, via Paris, mais avec des attaches familiales solides dans la capitale auvergnate, version Michelin notamment.

« Je faisais des études à la Sorbonne mais ma vie personnelle a subi des bouleversements et j’ai décidé de m’installer à Clermont et de me réorienter, pour me reconstruire, transformer une expérience douloureuse en quelque chose de sympa et essayer de croquer la vie », explique-t-il. Il s’inscrit en licence Arts du spectacle et surtout, c’est le moment où il fonde avec son cousin Pierre l’association « Juste pour un sourire », à laquelle il va consacrer beaucoup plus de temps et d’énergie qu’à ses cours. Objectif : apporter aux personnes atteintes de cancer une vie culturelle pour enrichir un parcours trop souvent réduit à l’horizon de la maladie. En trois ans, Lancelot y sera tour à tour bénévole, service civique puis salarié et en devient très vite la cheville ouvrière. Les malades sont invités à des concerts et spectacles, qui servent aussi à financer d’autres activités. Les mornes salles de chimio s’animent au son d’un violon et aux récits d’une conteuse.

Parier sur l’humain

Le projet s’est aussi trouvé un port d’attache : dès novembre 2015, réunions et séances de travail s’organisent à Épicentre. Et bientôt, l’association postule pour se faire accompagner par le tout nouvel incubateur social qui est justement en train d’y naître. « A l’époque, CoCoShaker était plutôt en recherche de projets, à la différence de maintenant où ils affluent. Nous avons fait le pari de leur faire confiance, car nous sentions qu’il fallait professionnaliser la structure, se souvient-il. Ça a été une étape importante qui nous a aidés à passer un cap de développement. » Lancelot fait ainsi partie de cette première promo d’incubés, qui marque son passage de service civique à salarié de Juste pour un sourire et où il s’entoure peu à peu d’une équipe.

« J’ai beaucoup appris avec ce projet : le fait qu’il faut parier sur l’humain pour être efficace, qu’il faut casser les codes et oser déranger les gens pour avancer… »

Pourtant en novembre dernier, Lancelot quitte le navire : problèmes financiers, petits ratés dans la dynamique et pour lui, le sentiment qu’il ne doit pas s’enfermer dans ce projet. Mais la transition n’est pas facile : « Pendant trois semaines, je suis resté chez moi, à me demander ce que j’allais faire et à déprimer. Et puis je suis revenu à Épicentre parce que ça me manquait trop. J’ai proposé de faire un peu de bénévolat contre la possibilité de travailler sur mes projets. »

Un projet à Jean-Perrin

Et voilà comment notre hyperactif de service a réussi à replonger dans un nouveau tourbillon d’initiatives. On passera vite sur un projet d’investissement immobilier qui explique ses séjours dans d’impressionnants tableaux Excel. On mentionnera le dossier roboratif qu’il prépare pour faire valider son expérience associative par une licence de Médiation culturelle et Gestion de projets. On s’attardera surtout sur un projet qui va valoriser le savoir-faire acquis avec Juste pour un sourire :

Une des premières initiatives visibles de Lancelot à Epicentre : la cobouffe reprend de l’ampleur grâce à une thématique « couscous ».

« J’’ai été sollicité par un médecin du centre Jean-Perrin pour travailler sur un parcours de soin en médecine nucléaire incluant un dispositif interactif, culturel et immersif reposant sur les nouvelles technologies. En association avec Vidéoformes et avec la Médiathèque numérique de Clermont, j’ai élaboré une proposition qui permette à la fois de démystifier la technologie du traitement, de détendre le patient et de l’occuper durant les attentes, pour un meilleur accompagnement et une efficacité accrue. »

Impliquer la communauté

Idée passionnante et prometteuse, qui ne l’empêche pas d’avoir aussi plein d’envies pour son nouveau poste à Épicentre, où il deviendra salarié à partir d’avril. Son rôle consistera non seulement à assurer l’accueil et l’animation de la communauté des coworkers, mais aussi à travailler au développement de la Rue créative, notre projet d’investir le quartier.

Son idée sur la façon de coordonner tout ça ? « Je voudrais aider les coworkers à s’impliquer dans l’animation du lieu et à participer à tout ce qui se passe ici. J’ai aussi l’intention de ‘routiniser’ les process d’accueil et d’animation, afin de gagner du temps d’une part, mais aussi de pouvoir les transmettre facilement. »

Coworkers, attendez-vous à sentir le vent souffler. La méthode Lancelot est redoutablement convaincante…

Marie-Pierre Demarty pour Épicentre Média

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