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Papotages au Comptoir #1 : inclure par la signalétique

Anne Perriaux est arrivée à Épicentre par CoCoShaker, deuxième promo. Depuis, sous ses apparences nonchalantes, elle construit son projet en mode « Je fonce ». Et se fait repérer par tout le monde. Ça méritait quelques questions d’Épicentre Média, pour inaugurer cette rubrique Papotages…

Anne Perriaux

Épicentre Média : Ton projet a bien évolué depuis ton arrivée à Épicentre, début 2017. Où en est-il aujourd’hui ?

Anne Perriaux : 630° Est reste centrée sur la thématique de l’aide aux déficients intellectuels et cognitifs, plus précisément centrée sur les personnes souffrant d’autisme. Il s’agit de créer des signalétiques graphiques, pour qu’ils puissent s’orienter, comprendre ce qu’ils doivent faire dans un endroit ou dans une situation, sans recours au texte.

Nous avons identifié trois axes de développement : le premier consiste à créer des signalétiques sur-mesure pour les établissements qui les accueillent, enfants ou adultes, comme les instituts médico-éducatifs (IME), les foyers médicalisés, les accueils de jour, etc. Le deuxième, sous forme d’une e-boutique lancée très prochainement, s’adresse surtout aux familles : des sortes de modes d’emploi du quotidien, plus standardisés, pour savoir se laver les dents ou prendre sa douche, connaître son emploi du temps…

Enfin un dernier axe concerne les établissements recevant du public, pour leur communication dans leurs murs et dans l’espace public ; une application permettra de se préparer à la visite, savoir où l’on a, comment on y va, à quel moment on va trouver beaucoup de monde ou pas… Dans ce contexte, ça peut aussi être utile pour d’autres publics : enfants, migrants, illettrés…

 

« CoCoShaker m’a apporté visibilité et crédibilité auprès de l’écosystème clermontois »

 

Sur le plan de l’entreprise, nous sommes quatre associés, dont une amie d’enfance et deux personnes – Nicolas Roussel et Stéphanie Cailloux – que j’ai rencontrés à CoCoShaker. J’ai voulu m’entourer de personnes qui m’apportent de vraies compétences et créer une sorte de famille bienveillante, avec quelque chose comme un papa, une maman et une sœur.

La société a été créée officiellement en juin. Après cette longue phase de montage juridique où j’ai beaucoup appris, je vais pouvoir me consacrer au cœur du projet, sur le terrain, en relation avec les personnes concernées.

E.M. : À l’origine, tu es graphiste. Comment en es-tu arrivée là ?

A.P. : J’ai commencé à m’intéresser au sujet en 2013 à l’occasion d’un mémoire de Master. Puis j’ai commencé à travailler des produits dans mon coin, tout en travaillant dans une start-up à Paris. J’ai commencé à avoir l’idée de créer mon entreprise en 2015 et je suis revenue à Clermont pour le faire. Mais avant, je suis partie en Colombie trois mois, seule, pour me tester, m’enlever des verrous psychologiques et aussi parce que je risquais de ne plus avoir l’occasion de le faire. Je suis rentrée avec l’idée que j’étais capable de tout !

En 2015, j’ai commencé un travail pilote avec un IME. Puis j’ai galéré pour développer le marché. Alors j’ai tenté deux choses avant de renoncer : un concours Ouvre-Boîte et une candidature à CoCoShaker. Et j’ai eu les deux !

E.M. : Que t’a apporté l’expérience de CoCoShaker [incubateur social installé et fonctionnant en osmose avec Épicentre] ?

A.P. : J’y ai appris le métier d’entrepreneur. Ça m’a aussi rassurée et ça m’a fait ressentir que je n’étais plus toute seule. Ça m’a apporté un réseau dingue, multiplié par deux avec Épicentre. Et aussi la facilité d’accès et la crédibilité auprès de l’écosystème clermontois.

 

« Nous étions 12 lauréats sur 800 dossiers »

 

E.M. : En plus des associés que tu as cités, tu as trouvé des compétences pour t’accompagner ?

A.P. : Pour l’instant j’essaie de garder la main sur l’ensemble des tâches parce que je veux que ce soit agile, mais je m’appuie sur plein de compétences. Jérôme Iavarone et Guillaume Vorilhon m’ont beaucoup conseillée sur le lancement de la e-boutique. Pour les aspects  développement numérique, j’ai fait appel à des coworkers : le Dupplex, Mihaela, Julie, qui font des prestations tout en me donnant des clefs pour que je puisse maîtriser les outils et réagir très vite.

Je me suis aussi entourée d’une petite communauté extérieure à Épicentre : celle de quelques éducateurs, orthophonistes, personnes avec autisme et parents, ce qui me permet d’être le plus juste possible.

Anne s’intéresse aussi à la mobilité des personnes déficientes. Objectif : le concours Auvermoov.

E.M. : À propos de l’écosystème, je crois que tu as d’autres actus à nous faire partager ?

A.P. : J’ai obtenu à titre personnel un prêt d’honneur AT2I+, accordé à des entreprises innovantes par Initiative Auvergne, et une subvention « Déclics Jeunes » accordée par la Fondation de France, où nous étions 12 lauréats sur 800 dossiers. Ça va me permettre de lancer la e-boutique et d’y ajouter la possibilité, pour les clients, de personnaliser les magnets qu’ils commanderont.

Et enfin, je postule au concours Auvermoov. Il pourrait être une opportunité de développer la signalétique hors les murs pour des établissements publics, avec des formes graphiques identiques à celles qu’ils auraient dans leur site, pour une plus grande cohérence. Et pour ce concours, en novembre, j’aurai besoin de vos votes !

Propos recueillis par Marie-Pierre Demarty pour Épicentre Média

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