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Papotage au Comptoir #4 : « Je suis payée pour rigoler »

Si vous fréquentez Épicentre, vous avez forcément repéré Oralie, coworkeuse habituée du Comptoir : c’est celle qui porte des lunettes rouges tellement caractéristiques qu’elle en a fait son logo, qui reçoit plein de colis avec des objets à tester improbables et qui, parfois, distrait tout le monde en réalisant ses stories totalement farfelues. Oralie – alias Madame Floutch – est une pro de l’influence. On a voulu en savoir plus…

Epicentre Média : Je suppose que devenir blogueuse n’était pas ta vocation initiale. Comment tout ça a commencé ?

Oralie : J’ai fait des études de commerce et je travaillais dans un magasin de prêt-à-porter. À la fin de mes études, je suis tombée enceinte. Eden est née alors que j’avais 23 ans. Le timing n’était pas parfait et je n’ai pas pu postuler pour les postes de commerciale que je souhaitais. Pendant ma grossesse, j’étais beaucoup sur twitter, je faisais rire mes copines en racontant des trucs sur ma grossesse. Du coup, elles m’ont encouragée à faire un blog. C’est parti comme une grosse blague !

Au début, ça s’appelait « Maman en chargement », avec comme sous-titre « Chronique d’une maman en téléchargement ». J’ai longtemps gardé le sous-titre mais j’ai vite changé le nom pour « Maman Floutch », puis « Madame Floutch », qui me représentait mieux : mes amis m’appelaient comme ça parce que je dis tout le temps « floutch ! ».

Et la blague est devenue un vrai job…

Je l’ai fait parce que j’avais envie de rigoler mais ça a très vite bien marché. J’ai pu gagner un peu d’argent, c’était un boulot en parallèle à mon travail à la boutique : j’étais passée à mi-temps pour m’occuper de ma fille, puis aussi de mes jumeaux. Je ne dormais pas, je passais mes soirées sur le blog… alors que maintenant, je me fais une règle de ne plus toucher à mon PC après 20 heures.

Ensuite, mon mari a eu des problèmes de santé. Nous avions 27 ans. Je me suis dit ‘autant y aller à fond’ ; j’ai lâché mon travail en 2016 pour me consacrer à plein temps au blog. Et j’ai très bien gagné ma vie.

L’étape suivante, ça a été l’agence ?

Je suis arrivée à Épicentre en mars dernier, parce que j’en avais marre de travailler de chez moi et parce que mon entourage avait l’impression que je ne travaillais pas, que ce que je faisais n’était pas sérieux. J’avais toujours eu en tête le projet de créer mon agence d’influence, mais être à Épicentre m’a aidée à franchir le pas. Ça m’a donné confiance en moi, j’ai été encouragée.

Ce n’est pas un métier très commun. Comment t’en est venue l’idée ?

Le métier existe mais il n’est pas très courant, il y en a surtout pour Youtube. En tant que blogueuse, j’étais une des mieux payées dans le domaine famille, parce que je suis une très bonne négociatrice – c’est ma vocation de commerciale ! J’ai commencé à aider les copines, à les conseiller, leur dire comment faire. Entre influenceurs, on se connaît : on échange sur les réseaux sociaux, on se voit sur des événements…

Ensuite, il y a eu un concours de circonstance : quelqu’un d’autre s’est lancé comme agent d’influenceurs et ça m’a fait peur ; j’ai eu l’impression que la place commençait à être prise et que si je ne me lançais pas, je perdrais le créneau. En fait il y a de la place pour plusieurs agents – et d’ailleurs je l’ai doublé depuis ! – mais ça m’a décidée à me lancer. Ça a pris très vite.

« J’aime me mettre en scène, faire des trucs qui me font marrer… »

Donc l’agence est née au printemps dernier ?

J’ai commencé à y travailler avant l’été mais elle a été créée officiellement en septembre. Elle s’appelle « Just GO Agency », GO étant les initiales de mon nom. J’ai mis un peu mon blog en sommeil pour m’en occuper mais l’agence a très bien démarré. Je m’occupe de onze influenceurs et j’ai aussi un très gros client en média consulting : je lui trouve les meilleurs influenceurs pour parler de son appli.

Je me suis entourée d’abord de Mylène, qui est stagiaire à mes côtés depuis septembre – et elle est très forte. Et depuis janvier, j’ai aussi Alexia, d’abord en formation Pôle Emploi puis comme salariée.

Mon boulot pour les influenceurs, c’est surtout de négocier des tarifs, des conditions ; je suis aussi apporteur d’affaires. Et je les conseille, je les aide.

Qu’est-ce qui te plaît dans tout ce que tu fais ?

La folie ! Je me sens libre de faire ce que je veux. Pour mon blog, j’aime me mettre en scène, faire des trucs qui me font marrer. Comme ce matin : mettre une cape rouge et prendre une pause de super-héros pour parler du « Super-pouvoir d’achat » pour une marque de grande distribution. Ou une autre fois : j’ai remis ma robe de mariée et je me suis fabriquée une belle couronne de mouchoirs blancs pour une marque de mouchoirs en papier. Je suis payée à rigoler, je ne pourrais pas rêver mieux !

Mais tu as aussi des moments d’émotion, comme ce que tu as fait pour Noël ?

Il y a eu deux choses. D’une part, j’ai représenté Amazon pour aller donner des cadeaux à des enfants malades, à l’hôpital Robert-Debré. On a fait le tour des chambres, avec quelques stars. C’était un beau moment.

Et par ailleurs, j’ai fait une autre opération à mon initiative. J’ai proposé à toutes les marques avec lesquelles je travaille régulièrement de m’envoyer des cadeaux – ce sont tous les colis que je recevais en décembre – et j’en ai fait don aux Restos du Cœur. C’est une association à laquelle je donne régulièrement à titre personnel. Je trouve bien de les aider. Parce que tout le monde peut avoir besoin d’eux un jour…

Propos recueillis par Marie-Pierre Demarty pour Epicentre Média

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