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Papotage au Comptoir #5 : Damien soigne ses transitions

Coworker depuis 2016, membre du conseil d’administration d’Épicentre et particulièrement actif dans nos projets d’essaimage, Damien Caillard a surtout consacré ces trois dernières années au développement du Connecteur, le projet de connexion entre les acteurs de l’écosystème clermontois de l’innovation. Aujourd’hui, il passe la main en douceur et se dit en transition vers un projet plus personnel, axé sur la transition environnementale. On fait le point au Comptoir.

Damien au Comptoir

Pour commencer, peux-tu nous rappeler quand et comment tu es arrivé à Épicentre ?

J’ai quitté La Montagne le 31 mai 2016 et le 1er juin, je prenais un abonnement permanent à Épicentre. J’avais eu une première expérience de petite entreprise de production de vidéos d’entreprise à Paris, puis j’ai travaillé dans le groupe Centre-France d’abord dans la stratégie numérique puis au Lab, où j’avais une mission de découverte des écosystèmes des villes sur le territoire du groupe. C’est dans le cadre de cette mission que j’ai découvert Épicentre – j’ai même eu l’occasion de mettre les pieds dans l’ancien lieu, rue des Gras. Quand l’Épicentre actuel, rue Saint-Dominique, s’est ouvert, j’ai adoré le lieu, l’ambiance, le travail en open space que je n’avais jamais expérimenté.

Ton arrivée a coïncidé avec la création du Connecteur ?

Pas exactement : l’idée était née en novembre 2015 ; les initiateurs – Frédéric Domon et Yann Bailly – avaient créé l’association et prévu de la développer à partir du printemps. Il s’agissait de faire en sorte que les gens de l’écosystème de l’innovation se connaissent et se rencontrent. L’idée me bottait : ayant passé treize ans à Paris, je trouvais intéressant de montrer que l’innovation ne se fait pas qu’à Paris, Lyon ou San Francisco ; valoriser la région m’intéressait d’autant plus que c’était sous l’angle média, qui m’est familier. J’ai intégré l’association, sans rôle précis au début. J’y ai travaillé bénévolement, quasiment à cent pour cent de mon temps. Le Connecteur s’est structuré peu à peu : j’en suis devenu président, nous avons constitué un bureau, un conseil d’administration ; nous avons recruté successivement Cindy et Alexis, puis complété l’équipe opérationnelle avec une direction.

Cette dernière étape était d’autant plus nécessaire que tu as décidé de t’éloigner de l’opérationnel… Comment s’est passé la transition ?

Vers la mi-2018, tout en étant très content du projet et de ce que je faisais, j’ai eu envie d’autre chose, mais je voulais que cela se passe ‘proprement’, d’autant que je reste président jusqu’à la fin de mon mandat en avril 2020 et que je contribue personnellement à l’équilibre financier de la structure.

« J’ai ressenti une vraie coupure

dans ma tête depuis

mes dernières vacances »

Nous avons donc lancé un recrutement pour la direction, d’abord par voie classique mais cela n’a rien donné. Puis Véronique Jal et Pauline Rivière – qui avaient travaillé ensemble à l’animation d’Auvergne Nouveau Monde – se sont proposées pour se partager le poste en deux mi-temps. À elles deux, elles avaient toutes les compétences requises. La phase de test de cette organisation a été très réussie.

La transition s’est faite progressivement jusqu’à l’été. Je me suis dégagé de plus en plus de l’opérationnel et je suis très content de la façon dont ça se passe. Elles apportent leur propre style, nous avons fixé des objectifs et j’ai ressenti une vraie coupure dans ma tête, dès mon retour des vacances de Pâques.

En quoi consistent ces objectifs ?

D’abord atteindre l’autofinancement de l’association d’ici à fin 2020, développer le site, travailler en partenariat avec la French Tech. Mais aussi renforcer les partenariats à Clermont, travailler au-delà de la métropole sur toute l’Auvergne et élargir le champ à toutes les formes d’innovation.

Pour clore le chapitre Connecteur, quel bilan tires-tu de cette expérience et de quoi es-tu fier ?

C’est devenu un vrai projet de territoire et il est apprécié par les personnes que nous rencontrons. Le Connecteur a trouvé sa place, avec son organisation agile et légère, son côté décalé et décontracté, son aspect chaleureux et humain, presque affectif, centré sur des portraits. Nous avons réussi à relier entre eux les acteurs de l’innovation à l’échelle de la métropole au moins – l’étape suivante étant d’intégrer à l’écosystème les acteurs économiques qui ne sont pas encore dans une logique d’innovation.

« Je me suis donné

jusqu’à l’automne pour

affiner mon projet »

À titre personnel, ça a été une super-expérience. J’ai appris beaucoup de choses. J’ai pu vérifier que j’étais plus heureux dans des petites structures que dans des grosses organisations. Et je suis fier d’avoir développé les projets qui ont amorcé un modèle économique pour le Connecteur.

Un mot sur InLocal, l’autre volet de ton activité ?

Je l’ai créée en EURL en 2016 et j’ai longtemps dit que c’était mon outil de facturation. Cela me permettait, parallèlement à mon travail bénévole pour le Connecteur, de mener des prestations à titre professionnel, lorsque j’étais sollicité en dehors des missions du Connecteur, pour mes compétences autour de la communication, la vidéo, etc. J’ai travaillé par exemple pour le SMTC sur Auvermoov, pour GRDF, Innovergne, Maceo…

Je n’ai pas cherché à le développer mais j’ai l’intention de m’appuyer sur cet outil pour développer ma prochaine activité.

Damien détaille son projet sur la transition écologique

« Mon projet, pour l’instant, s’oriente vers un média sur les aspects pratiques de la transition, un peu comme un livre de recettes »

Venons-en à ton nouveau projet. D’où vient-il et en quoi consiste-t-il ?

Je réfléchis depuis la rentrée de septembre à une initiative autour des questions climatiques. C’est une réflexion personnelle, née à la suite de la démission de Nicolas Hulot et de discussions avec des proches qui se posent aussi des questions. Par exemple, je me souviens d’une discussion avec Emma [NDLR : Emmanuelle Perrone], alors que nous allions courir ensemble vers Saint-Flour : sur le trajet en voiture, nous avons phosphoré sur l’idée de réorienter nos projets professionnels vers les thématiques de transition environnementale.

Pour ma part, je savais que je ne pouvais pas le faire dans le cadre du Connecteur. Et j’avais envie d’un projet plus personnel. En fonction des compétences que j’ai pu valoriser, je pense d’abord à un média, peut-être complété par du conseil.

Je suis aujourd’hui en phase de transition et de réflexion. Je fais de la veille sur ces sujets, j’essaie de me faire mon opinion sur les voies les plus intéressantes, dans le large spectre qui va de l’effondrisme à la green tech. Je me suis donné jusqu’à l’automne pour affiner mon projet et me lancer.

« Les tiers-lieux sont

des outils importants pour la

transition environnementale »

Même si ce n’est pas encore arrêté, peux-tu nous donner quelques détails sur ce projet ?

Pour l’instant, j’imagine un média numérique sur les aspects pratiques, un peu comme un livre de recettes de cuisine. Il ne s’agit pas de convaincre de la nécessité d’agir – car beaucoup d’acteurs s’en chargent déjà – mais de proposer des modes d’action, en s’appuyant sur des expériences inspirantes et réplicables, repérées localement. Cela concernerait les actions collectives, initiées par des entreprises, des collectivités, des associations…

Mais je me connais : tout cela peut encore évoluer d’ici à l’automne.

Quel rôle peut jouer Épicentre dans ta transition et dans ce projet ?

Ce qui m’intéresse le plus à Épicentre, c’est l’aspect inspirant. Je suis persuadé que les tiers-lieux sont des outils très importants pour la transition environnementale, dans le sens où ils sont des creusets d’initiatives très ‘bottom-up’ qui font émerger des projets de territoire.

Dans ce sens, je m’implique particulièrement dans le projet d’essaimage, la création de tiers-lieux sur d’autres territoires de la région, avec un vrai projet adapté au contexte local.

Mais bien sûr, j’aime aussi à Épicentre le lieu, les gens, les événements…

Propos recueillis par Marie-Pierre Demarty pour Épicentre Média

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