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Des vœux en forme d’alerte

Les voeux d'Epicentre à l'heure de la cobouffeCette année, nous avons choisi pour présenter les vœux d’Épicentre, de réunir nos amis, soutiens, usagers et sympathisants le dernier jour de janvier, avec l’intention que vous gardiez en mémoire ce que nous avions à vous dire. Le double message a été transmis par la voix de sa présidente Marie-Pierre Demarty et de son vice-président Damien Caillard. La première a lancé une alerte pour préserver ce qui a été construit. Le second a complété en appelant à construire le futur. En deux articles, nous partageons avec vous tous leur propos. Voici celui de la présidente.

« En général, une cérémonie de vœux est un moment joyeux, insouciant, en fin de journée, avec des bulles qui piquent un peu dans les verres. Comme nous aimons faire autrement à Épicentre, nous avons une fois encore innové dans la forme et sur le fond.

« Sur la forme, nous vous avons convié un vendredi à l’heure du déjeuner parce que pour nous, c’est le jour et l’heure d’un rituel qui nous tient à cœur : la cobouffe. C’est le moment où chaque semaine nous avons l’habitude de rapprocher les tables, d’ouvrir à tous ceux qui veulent se joindre à nous et de partager notre repas, pour entretenir la convivialité.

Une situation alarmante

« Et sur le fond, ce que j’ai à vous dire va piquer un peu aussi, mais peut-être pas dans les verres. Le vœu principal que j’adresse, à vous tous et pour vous tous, c’est qu’Épicentre, son lieu emblématique, sa communauté dans toute sa belle diversité et la structure qui porte notre projet existent encore dans un an pour le prochain rendez-vous des vœux. Ceci n’est pas une formulation rhétorique, c’est une alerte.

« Cela peut faire un choc,

mais il y a vraiment un risque. »

« Depuis la dernière assemblée générale il y a deux mois, qui a recomposé l’équipe de gouvernance et m’a désignée à la présidence, le conseil d’administration s’est appliqué à examiner la situation financière et tout ce qu’elle implique en termes d’organisation, de fonctionnement, de partenariats, d’engagements, etc. Et la conclusion à laquelle nous sommes arrivés est que la situation n’est pas bonne du tout. Pas bonne au point que la survie d’Épicentre est en jeu.

« Ça pique, ça peut faire un choc, mais ce n’est pas exagéré. Certes on ne va pas mettre la clef sous la porte demain matin. Mais il y a vraiment un risque.

Mais le projet doit continuer

Les vœux de la présidente : « Qu’Épicentre existe encore dans un an »

« Depuis que nous avons fait ce constat, évidemment nous examinons les possibilités et les perspectives pour passer ce cap difficile et ce qui en ressort, au-delà des démarches, des projections financières et des recherches de solutions, que je vous épargnerai aujourd’hui, c’est un vrai élan de soutien et de témoignages qui nous envoient le message que le projet doit continuer. Et ça, c’est déjà très encourageant.

« Et c’est vrai qu’en se retournant sur nos huit années d’histoire – ce que nous n’avons pas assez souvent le loisir de nous permettre – nous pouvons mesurer le chemin parcouru, avec tout ce qui nous est reconnu et tout ce qui est beaucoup moins connu ou parfois oublié. Nous avons construit un tiers-lieu atypique, chaleureux, où des rencontres improbables et magnifiques tissent des liens, portent des success story aussi bien économiques que sociales et tout simplement humaines.

« Une porte d’entrée idéale

pour s’intégrer à la ville »

De belles entreprises – pas forcément celles dont on parle le plus – sont nées ou se sont développées ici. Des free-lances, des porteurs de projets, des créatifs incroyables trouvent ici les conditions de leur épanouissement. Des projets généreux et enthousiasmants, qui jouent ou promettent de jouer un rôle sur le territoire, ont émergé ici et n’auraient probablement pas pu naître ailleurs, ou en tout cas pas sous la même forme ; je pense à CoCoShaker, à la Rue créative, à la Clermont Coding Academy, à LivingOrgs, au Club des free-lances… Je pense à la façon dont nous avons, de façon formelle ou informelle, contribué à changer le quartier, dont nous avons soutenu le développement de petites entreprises, de start-ups ou d’activités indépendantes, aux initiatives que nous accueillons comme Les Up’héros, Le Connecteur, TEDx Clermont, Toastmasters, ACube. Nous jouons aussi un rôle culturel, car c’est ici que se sont développés Boom’Structur, le Damier, le LIRA et que nous accueillons des expositions mensuelles d’artistes locaux ou des cours d’histoire de l’art.

Des amitiés et des valeurs

« Je pense aussi notre contribution à l’accueil de nouveaux Clermontois. Ils seraient nombreux à pouvoir témoigner qu’Épicentre a été une porte d’entrée idéale pour apprécier la ville, s’y orienter, s’y intégrer et trouver l’envie de s’y installer durablement – et je voudrais symboliquement faire référence à deux d’entre eux : Elsa, parmi nous aujourd’hui, qui « débarque » de Paris et a poussé cette semaine la porte d’Épicentre, et en ce jour de Brexit, Douglas, le plus européen des Anglais, qui a choisi de rester avec nous pour notre plus grand bonheur.

« Je voudrais encore évoquer toutes les belles amitiés et les aventures humaines nées ici et même quelques bébés qui ne seraient pas nés si Épicentre n’existait pas. Je voudrais enfin parler des valeurs que nous portons, qui n’allaient pas de soi du tout il y a 5 ou 8 ans, en tout cas dans les milieux de l’entreprise et des affaires, et qui nous ont parfois fait apparaître comme des extraterrestres ou de doux rêveurs, et qui apparaissent quasiment banales aujourd’hui : la collaboration, la bienveillance, la confiance

« Alors c’est vrai, il y a un contexte qui change, un modèle économique pas facile à trouver ; il y a sans doute eu aussi des erreurs, des choix trop ambitieux, des façons de faire qui manquent un peu de méthode ou de rigueur et qui nous conduisent à des situations compliquées, d’autant plus que beaucoup de choses ici sont gérées bénévolement.

Un nouvel élan à trouver

« Mais pour autant, nous sommes nombreux à n’avoir pas du tout envie que ça s’arrête là.

« Alors pour que l’aventure continue, pour construire l’avenir, nous avons deux messages à vous lancer, à vous tous.

« Le premier, c’est qu’on veut donner un nouvel élan au projet : nous avons été pionniers sur tout ce que je viens de décrire. Nous voulons le rester. Pour cela nous avons besoin d’un nouvel élan et Damien va vous en parler (Cf. notre prochain article).

« Trouver du sens

à notre esprit coopératif »

Marion Canalès a aussi témoigné de tout l’intérêt de la Métropole pour le projet d’Épicentre.

« Le deuxième message, c’est qu’en même temps qu’on construit l’avenir, il va falloir se mobiliser pour consolider le présent. Nous avons besoin de vous tous.

« Il y a et il y aura plein de façons de contribuer à ces « efforts », chacun à la mesure de ce qu’il peut apporter et de son attachement au lieu et au projet. Cela passera sans doute par un appel à participer au capital de la SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), cette forme particulière d’entreprise qui fonde la solidarité de toutes ses parties prenantes. Mais il s’agira aussi, au-delà de l’apport financier, de trouver du sens à cet esprit coopératif auquel nous avons fait le choix d’adhérer. Cela passe donc aussi par des gestes ou des habitudes solidaires, de participer à nos événements et projets, de donner des coups de main simples ou en rapport avec vos compétences, de prendre soin du lieu… Et encore de participer au rayonnement d’Épicentre : la plus simple contribution que chacun peut apporter, c’est de parler d’Épicentre, de faire part de tout ce que le lieu et le projet vous apporte et en quoi il vous porte, de liker, partager, kiffer, témoigner votre attachement.

« Pour conclure, je formule un dernier vœu : que non seulement Épicentre soit encore là dans un an, mais que vous y serez aussi à nos côtés, nombreux, en pleine santé et épanouis, avec des projets en cours et des pensées tournées vers l’avenir. »

Photos Damien Caillard

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