Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – François Dumuis

Expert du milieu administratif (plusieurs fois sous-préfet) puis médical (directeur de l’ARS Auvergne – l’Agence Régionale de Santé – pendant 5 an), François Dumuis est aujourd’hui indépendant, coworker et Epicentrien. Il a fondé Dumuis Conseil avec Eric Blanc, et propose du conseil en stratégie auprès des établissements de santé, EHPAD et établissements pour personnes handicapées. Il raconte comment le confinement impact ce métier à la base très relationnel.

Comment je vais ? A titre personnel, je suis en télétravail, Eric Blanc mon associé également. Le confinement se passe bien, nos enfants suivent leur scolarisation de façon très diverse selon les professeurs – chacun a sa méthode. Mais on ne va pas se plaindre globalement, même si nous sommes confinés comme tout le monde, nous ne manquons pas de produits de première nécessité.

Nous avons fêté la majorité de ma fille hier ! Elle avait prévu une petite fête entre amis, forcément décalée. On a réussi à lui trouver des cadeaux commandés sur internet mais qui n’arriveront pas tout de suite – elle a eu la liste imprimée … juste avant que l’imprimante n’ait plus d’encre😏 … le repas de fête s’est bien passé, mais les enfants étaient calmes et moins enjoués. [Ils] sont très monopolisés par leur relation avec leur professeur pour se mettre au diapason des nouvelles méthodes de travail : ils doivent apprendre à gérer leur temps en dehors de l’école mais surtout en dehors du cadre horaire, moins contraignant mais plus compliqué ! Ma dernière fille a même eu sa leçon de piano en Skype, c’était pittoresque.

François en confinement à son domicile, heureusement bien pourvus en livres. « Je respecte strictement les consignes du gouvernement » précise-t-il

Comment je travaille ? Ça nous permet déjà de rattraper du retard qu’on avait, c’est déjà ça. Et aussi d’approfondir certains dossiers en cours. Et bien sûr de rechercher d’autres commandes, en relançant les acteurs de santé. Mais c’est quasiment impossible de répondre à un marché public ou de faire de la prospection active.

L’activité allait bien jusqu’au coronavirus. Mais aujourd’hui, nos clients étant monopolisés par la crise, ils n’ont pas le temps de nous donner de nouvelles missions, et ne peuvent même pas continuer le travail avec nous qui est un travail d’accompagnement opérationnel, avec des réunions annulées, des livrables non réalisables … donc on subit de plein fouet le ralentissement général de l’activité.

J’attends la sortie de crise où nous aurons peut-être d’autres sujets d’étude ou de mission que ce qu’on a actuellement. Mais ça ne remet pas en cause l’objet de l’entreprise !

Nous ne bénéficions d’aucune mesure de chômage partiel, en tant qu’indépendants. Et pour le report des charges, c’est risqué car ça implique de pouvoir rembourser grâce à un redémarrage de l’activité qui sera fonction de l’état général de l’économie. Il nous faut donc tenir.

Comment je vois l’avenir ? Demain, on voit que les problèmes pré existants chez nos clients [du secteur de la santé] n’auront pas été résolus par la crise, et parfois auront été aggravés. Mais les projets mis en pause devraient redémarrer, par exemple des coopérations public-privé. Cela dit, les enseignements de la crise viendront après la sortie de crise, dans un second voire un troisième temps.


Lire l’analyse détaillée de François : « cette pandémie est une crise logistique »


Je rappellerai que, en temps normal, on a en moyenne environ 1600 morts par jour en France, toutes causes confondues. On continue à avoir tous les jours des personnes qui meurent de cancer, de grippe, d’accidents domestiques, d’AVC, d’infarctus …

Les hôpitaux et cliniques vont donc voir demain comment reprendre un fonctionnement normal, mais aussi comment laisser le personnel récupérer – avec des gros sujets de burn-out notamment. De même, se posera la question de l’approvisionnement quotidien de l’hôpital.


Le site de Dumuis Conseil


Interview Zoom du 26 mars 2020 – par Damien Caillard

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