Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – Raymond Collet

Raymond Collet n’est pas à proprement parler coworker à Epicentre. Mais bon, nous sommes en temps de guerre, les Français ne sont pas intéressés par ces polémiques, et on ne va pas chipoter. Plus précisément, Raymond est un des membres les plus assidus du C.A. d’Epicentre. Technicien de la Métropole aux services de Développement Economique, il se définit comme « l’interlocuteur techno privilégié » d’Epicentre, en lien direct (et souvent en représentation) de Marion Canalès, élue à la Ville et à la Métro en charge de l’ESS.. Il est également acteur militant de l’écosystème, et président de la Plateforme des Mobilités 63.

Comment je vais ? J’ai eu une première crise d’angoisse le mardi du confinement … j’avais oublié des affaires à mon bureau. A 16h le jour même, je pars de chez moi – sur le plateau central – pour aller [dans les locaux de Clermont Métropole], en face des Volcans. Sur 600 mètres, je n’ai pas croisé une personne ! J’ai compris qu’on était passé dans une autre période.

Heureusement, je ne suis pas angoissé par nature. Maintenant, ça va mieux, c’est devenu la règle. Pour une fois qu’on fait collectivement face à un problème, avec une réponse qui ne peut que s’imposer à tous, je le vois comme un moment “extraordinaire”, au sens strict du terme : on sort de l’ordinaire. A 60 ans, je n’ai jamais vécu ça ! Et je n’aurais jamais imaginé que ça puisse se produire.

Comment je travaille ? Ca me permet d’activer un certain nombre d’outils dont je n’avais pas l’habitude. Exemple avec Zoom [outil de visio], je ne connaissais pas spécialement. De plus, avant je recevais une grosse trentaine de mails par jour, maintenant c’est presque un tiers. Ca rejoint une approche philosophique des choses : quel est l’essentiel ? Finalement, dans tous mes mails [auparavant], combien étaient relativement inutiles ?

On n’est qu’à une semaine de confinement, pour tout le monde c’est un genre de séisme. Comment on réatterrit sur une manière de faire différente, professionnellement ? La semaine dernière, je n’ai pas eu de nouvelles de mes collègues, mais ça commence à revenir – après un temps de sidération. Depuis hier, on reprend de nos nouvelles, on intègre ce nouveau paysage comme étant l’ordre des choses.

Côté Métro, il y a un enjeu sur comment on va accompagner les entreprises à traverser cette crise là. Et ça sera essentiellement une problématique financière ! Les commerçants par exemple auront quoi qu’il arrive un manque à gagner qu’ils ne pourront rattraper : comment la puissance publique sera-t-elle capable de les aider ? Là aussi, il faudra se demander ce qui est important.

Raymond et sa belle vue depuis le plateau central, sur une ville en transition …

Comment ça va se passer demain ? Je suis en fait assez optimiste. Je pense que les sujets ESS, sur la production locale, sur l’économie circulaire, dans une logique de proximité plutôt que dans une compétition avec les autres grandes métropoles, vont en bénéficier. Egalement la question des communs, du lien social sur le territoire – le développement économique étant à son service – seront plus prégnantes. Concernant Epicentre par exemple, comment on mesure son intérêt non pas au regard de ses seuls équilibres financiers, mais aussi de la cohésion sociale qu’il apporte ?

La crise actuelle devrait accélérer la prise de conscience à ce sujet. L’intérêt final, c’est la qualité de vie et la cohésion sociale sur un territoire, et c’est une vraie richesse économique, même si elle n’est pas financière.


Le site Invest in Clermont de la Métropole
Le site de la Plateforme Mobilité 63


Interview Zoom du 25 mars 2020 – par Damien Caillard

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