Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – Véronique Jal

Co-direction du Connecteur, première partie : assidue d’Epicentre et de ses initiatives connexes – elle est au Conseil d’Administration de la SCIC, mais aussi trésorière de Cocoshaker – Véronique co-dirige le Connecteur avec Pauline Rivière, qui s’exprimera très prochainement dans ces colonnes. Au sein de cette association qui se veut le média des innovateurs auvergnats et qui se partage physiquement entre Epicentre et Coworkit, elle travaille autant sur l’éditorial que sur la structuration, les finances et les partenariats. Son passé de directrice d’Auvergne Nouveau Monde (l’ancienne marque territoriale régionale) étant pour cela un plus indéniable.

Comment je vais ? Je vis [le confinement] à quatre, avec un temps de travail à glisser entre des temps de famille: exercice un peu périlleux au démarrage, ca va de mieux en mieux, chacun trouve son rythme. Le télétravail avec enfants est un concept un peu particulier . Les miens ont 11 et 14 ans – et les faire bosser un minimum représente un temps non négligeable, notamment pour aller extraire les informations de l’ENT – l’ami des parents en ce moment ! Et puis, les profs sont aussi très … créatifs. Ils ont aussi cherché leur rythme au démarrage. Je lis plein de commentaires de parents qui craquent devant la masse de travail, la posture d’enseignants qui n’est pas spontanément la nôtre … Je crois que c’était un peu la panique pour tout le monde et que là aussi, ça finit par s’apaiser : ce ne sera pas une année comme une autre, acceptons le !

En revanche, je suis dans plein de groupes Whatsapp, Messenger, etc. et je vois circuler vraiment beaucoup de trucs très drôles sur la vie de famille, les plannings wifi, les rapports avec l’éducation, la vision rêvée de la famille parfaite versus la vraie vie … je trouve que tout ça libère la créativité (bon, pas seulement en trucs drôles d’ailleurs)

Comment je travaille ? Il y a déjà tout ce qu’on a la chance de pouvoir continuer de faire parce qu’on est un média : faire des interviews par téléphone ou par visio, ça ne change pas, les gens ne sont pas plus mal à l’aise (ou pas plus à l’aise d’ailleurs). Le switch de manière de faire est allé assez vite ! Quant à la disponibilité des gens, ça dépend vraiment desquels … il y a des personnes qui étaient difficiles à joindre et dont les agendas se sont libérés, mais ça dépend de la structure. Donc, la partie rédactionnelle ne change pas trop.

Le point positif est que ça dégage du temps pour faire ce qu’on n’a pas le temps de faire en temps “normal”. On peut ainsi reprendre des dossiers de fond, et consacrer du temps à la réflexion (professionnelle mais pas que, ça remue pas mal de choses cette situation). Par exemple, j’ai pu discuter avec le directeur du SPIIL, notre syndicat de presse, et avec notre coach de Creatis sur notre positionnement. J’aimerai aussi commencer à retravailler nos statuts avec Lionel.

Sinon, au niveau familial, on passe plus de temps ensemble: à préparer les repas, à faire des jeux, tout ce qui avait perdu de l’espace en rythme soutenu. Mais je ne suis pas sûre que ça tienne après le confinement.

Et demain ? On voit beaucoup de comportements magiques sur certains sujets de société où tout nous semblait figé – les relations sociales, la manière de s’alimenter, l’attention à l’environnement … Est-ce que ce sera durable une fois le confinement terminé ? On ne peut qu’espérer. Je ne suis pas hyper optimiste – sans être trop négative – quant à la pérennité des comportements positifs en-dehors d’une période de contrainte.

Une chose m’inquiète beaucoup en revanche: nous cumulons une énorme dette sociale à l’égard de tout un pan de notre société, en première ligne actuellement pendant que certains d’entre nous sont « protégés ». Ils l’étaient déjà avant et le passif déjà lourd s’est encore alourdi. Comment saurons-nous payer cette dette pour atténuer les rancœurs, la division et les mouvements vers les extrêmes ?


Lire l’article : « une occasion de recréer du lien pour le Connecteur »


Interview Zoom du 26 mars 2020 – par Damien Caillard (par ailleurs président du Connecteur)

0 Commentaires

Laisser un commentaire