Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – Damien Caillard

À la suite d’un parcours dans les médias et la communication, Damien est aujourd’hui journaliste indépendant et encore pour quelques mois président du Connecteur, le média de l’innovation à Clermont. Mais la démission de Nicolas Hulot du gouvernement en septembre 2018 a marqué un tournant important dans sa vie professionnelle, qui l’a amené à se spécialiser de plus en plus sur les questions liées à la transition écologique des territoires. Aujourd’hui, cette orientation l’a conduit à trois activités principales : la création (en cours) d’un média consacré au sujet, Tikographie, la construction d’une offre d’accompagnement en duo avec Virginie Rossigneux et bien sûr, son rôle de vice-président d’Épicentre où il a notamment en charge de porter, avec Pierre Gérard, le projet transition et résilience lancé il y a six mois.

Comment je vais ? Très bien. Je me sens plutôt parmi les chanceux, ce qui semble caractéristique de beaucoup de coworkers, comme je m’en aperçois en les interviewant. J’ai la chance d’avoir un bel appartement avec terrasse. Nous sommes en famille avec quatre humains et un chat qui est un vrai membre de la famille; nous nous entendons bien, nous nous soutenons. Donc je supporte bien le confinement, avec aussi des amis autour de moi, notamment ceux avec qui je bosse : ça peut paraître risqué mais pour ma part, j’aime bien mélanger le travail et l’affect.

Côté travail, c’est une période qui permet de lancer des projets, c’est constructif. Et côté perso, je suis en charge de la cuisine – j’adore – et accessoirement le repassage, le bricolage, l’informatique…, mais pas de veiller aux devoirs des enfants. La cuisine, ça me paraît important, car je suis convaincu qu’il faut être en bonne forme et manger sain pour mieux résister aux maladies. Et dans le même ordre d’idées, je fais beaucoup de sport sur ma terrasse.

Damien Caillard

Le selfinement de Damien : entre la cuisine et le bureau… et pas loin de la terrasse où il bronze en faisant du sport.

Comment je travaille ? Mon travail le plus régulier, en ce moment, c’est d’animer le blog d’Épicentre, notamment en réalisant des interviews. Et c’est très intéressant de faire vivre la communauté à distance, ce que nous faisons ensemble et je crois qu’on y arrive pas trop mal : les gens aiment bien et le contenu est intéressant, pertinent, divers et apporte des éclairages dans la réflexion sur cette période. Et bien sûr, parallèlement, nous essayons de penser à la suite pour Épicentre, aux leviers pour redévelopper le projet.

Parmi les autres projets, je continue à co-animer [avec Virginie Rossigneux] le club Open Innovation, un groupe d’une dizaine d’acteurs locaux très soudé, avec une vraie cohésion, et avec lequel nous souhaitons travailler sur comment utiliser l’open innovation au service de la résilience des territoires.

Et par ailleurs je profite de cette période pour réfléchir, pour lire et pour avancer dans la création de Tikographie, le média / blog / base de ressources qui est vraiment depuis quelques temps ce que je souhaitais faire, sauf que pendant ces derniers mois Épicentre a été prioritaire. Et aujourd’hui, j’ai plus de temps pour avancer et l’alimenter, d’autant que c’est le moment où, après avoir laissé décanter, je sens que le projet est mûr.

Dans la pratique, pendant ce confinement, Zoom [outil de visioconférence] est devenu mon outil principal. Je l’utilisais très peu auparavant mais, même si comme on le dit il y a des problèmes de confidentialité, j’ai découvert que c’est franchement bien fait, fiable et pas cher. Et je pense que je continuerai à l’utiliser : dans ma nouvelle activité je vais être amené à rencontrer beaucoup d’acteurs sur tout le territoire du Puy-de-Dôme ou plus loin, et une fois le premier contact pris, adopter un tel outil peut permettre de limiter les déplacements et c’est bien pour la transition… à condition d’adopter des bonnes pratiques, comme de couper l’image après s’être dit bonjour.

Et l’avenir ? La grande question, c’est : qu’est-ce qui va se passer ? Pas tant sur le déconfinement lui-même mais plutôt vers quel modèle on va aller : soit on repart comme avant, soit on change, peut-être pas tout, mais en allant dans le sens de la transition écologique. Parce qu’on entend plein d’acteurs économiques qui disent qu’il faut de la relance, de l’investissement, sans se poser la question du modèle, par exemple sur l’idée de laisser tomber les taxes sur le kérosène pour aider Air France.

Je pense que la thématique de la transition va être un peu moins audible pendant un temps, mais que la question de la résilience va se poser sérieusement, et il faudra que cette question se pose dans le cadre de la transition, par exemple autour de thèmes comme la relocalisation. Nous sommes à la croisée des chemins et peut-être qu’on va y arriver, peut-être pas entièrement mais en tout cas on progressera. Et à mon petit niveau, avec des projets comme Tikographie ou Épicentre, j’espère aider.


Le site du Connecteur

Le site du Club Open Innovation

Et en attendant celui de Tikographie, la page LinkedIn de Damien


Interview par téléphone le 9 avril 2020 – par Marie-Pierre Demarty

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