Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – David Blondeau

Formateur en randonnée, David prépare les passionnés de rando ou de trek avant de partir pour ne pas se blesser. Son activité, lancée mi 2019, se réalise en e-learning : elle est donc complètement dématérialisée. Arrivé en octobre 2019 à Epicentre, en déménageant à Clermont, David a visité tous les coworkings de la ville … et a choisi celui qu’il préférait :).

Comment je vais ? Globalement bien, même si l’ambiance est spéciale. Moi, je suis randonneur, j’ai passé un an et demi à marcher tout seul sur les sentiers. Le retour à la civilisation a été difficile. En confinement, je suis en ville mais il n’y a personne dehors, c’est calme, ça ne pue pas le diesel ! On retrouve donc une hygiène de vie qui me plaît, dans la ville.

Je vis seul. Ma vie sociale est diminuée : plus d’Epicentre, plus de Club de boxe, plus de danse, de muscu … j’ai choisi de continuer à voir ma copine et ses colocs, mais c’est tout.

Comment je travaille ? Je travaille tout seul dans mon salon, c’est un peu monacal. Au début du confinement, diminution significative de l’activité. Après, les gens en ont eu marre, et il y a eu un regain d’intérêt pour les contenus numériques et les réseaux sociaux. Quand je publiais au début sur Facebook, c’était trop tôt. Maintenant, les gens sont friands de mes contenus ! C’est mon meilleur mois de vente depuis 1 an d’activité pour l’achat de mes tutos en ligne, combiné avec une belle progression de la visibilité sur les réseaux sociaux.

Et demain ? Mon moral était dans les chaussettes au début, je me posais la question d’un virage dans le e-business … mais je suis en train de me poser et j’hésite à faire ce virage, ou au contraire à accélérer sur mon activité actuelle. L’alternative, ce serait de toute façon dans la randonnée, ma première passion. Mais j’apprends le volet entrepreneurial, et je pourrais l’appliquer au développement personnel, et au survivalisme notamment. Également, me déployer sur le marché anglophone. Enfin, pourquoi pas écrire des livres ?

Au niveau sociétal, le coronavirus est le symptôme d’une situation plus qu’une crise en soi. En Occident, 80% des citadins tertiarisés sont sédentaires. Moi, je suis un campagnard, et je pense qu’il y a surpopulation dans les villes ! Les gens vont se poser la question de rester dans une grosse ville – Clermont inclus – alors que les campagnes sont quasiment vides.

Je suis sensible à l’effondrement depuis 15 ans : aujourd’hui, ce n’est pas la fin du monde. A mon sens, le coronavirus est une très mauvaise grippe, mais pas beaucoup plus. Je pense [en revanche] que les mesures prises vont être un carnage économique pour des petits employeurs, et des indépendants ! La grippe tue beaucoup chaque année, et là on déclare l’état d’urgence : c’est à mon sens disproportionné.

Donc, ce qui peut se passer, ce serait d’abord de répartir différemment la population entre villes et campagnes – plutôt sur un modèle anglo-saxon, davantage diffusé. Également, se rendre compte que 80% des jobs tertiaires peuvent se faire à distance, de son domicile. Le télétravail, je l’ai subi indirectement : j’ai travaillé pendant 7 ans dans des agences bancaires, où les gens sont entassés. Et je sais que je suis beaucoup plus productif en télétravail. Souvent, dans le tertiaire, ce n’est pas nécessaire de travailler sur site ! Mais cela dépend du besoin de chacun pour les relations sociales.


Pour en savoir plus, voir le site de David, « le banquier randonneur »
A noter que David propose une heure de formation gratuite pour bien se préparer à reprendre la randonnée après le confinement


Interview téléphonique du 1er avril 2020 – par Damien Caillard

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