Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – Dorian Mieusset

Dorian est coworker à Epicentre depuis un an. Sa micro-entreprise, MD RaceLab, est spécialisée dans la compétition moto. Plus précisément, Dorian propose un service de réglage de moto sur course, et un autre en fabrication de pièces. Son travail est principalement en déplacement – dans toute l’Europe, mais il est en moyenne deux semaines par mois à Epicentre pour gérer l’entreprise et concevoir les pièces.

Comment je vais ? Pas mal ! J’avais pris peur au début, mais finalement j’ai bossé jusqu’à la veille du confinement – j’avais fait un gros mois de mars, et financièrement c’était plutôt avantageux : aujourd’hui, j’ai deux-trois mois tranquilles.

Le confinement ne me change pas grand-chose, car j’ai l’habitude de bosser tout seul. Ma copine travaille encore, elle est kiné à l’hôpital.

Le Selfienement de Dorian, dans ses habits de travail quotidien … ou presque

Comment je travaille ? Je vois moins de monde, c’est plus difficile pour se motiver – c’est pourquoi j’allais à Epicentre. Actuellement, je suis plus “à la cool”, et je prends du temps pour anticiper ce qui va venir, comme la baisse d’activité (qui est du service à 70%, mais comme les compétitions sont annulées, ça me pèse beaucoup). La partie création de pièces continue mais reste plus calme.

Comme j’ai de la tréso, ça va pour le moment. Mais à long terme on ne sait pas où on va. A l’international, je fonctionne avec des équipes internationales qui se déplacent … et les compétitions risquent d’être reportées, ou annulées. En revanche, il y a plus de chance que les compétitions nationales reprennent, avec des précautions : et ça me permettrait de garder les deux tiers de mon activité “’services”.


Dorian est également membre actif de la Réserve Impression 3D – lire l’article dédié


Et demain ? Les courses sont pour l’instant reportées jusqu’en juin. Si ça dure plus longtemps, on verra … mais c’est pour ça que je teste d’autres formules, notamment de l’impression 3D. J’en faisais déjà auparavant, et j’avais investi dans une imprimante juste avant le confinement. Un coup de chance ! Il faut savoir qu’il y a pas mal de pièces moto qui peuvent être fabriquées en 3D, en particulier en matière de protection. Des bonnes imprimantes permettent de faire des matériaux très résistants, et ça se révèle moins cher en moyenne quantités que l’utilisation de moules industriels.

Plus largement, on se rend compte qu’on n’est pas surhumains, qu’il faut respecter certaines règles strictes. Mais l’enseignement principal est qu’il faut être flexible et s’adapter au monde qui change. J’ai 25 ans, je me rends compte qu’il faut de toute façon s’adapter tous les 5 ans au minimum, plutôt que d’essayer de contourner le problème.

 


Pour en savoir plus : le site de MD Racelab


Interview téléphonique du 3 avril 2020 – par Damien Caillard

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