Interview Coconfinement

Les Coworkers sans le Coworking, comment ça se vit ?

ITV coconfinement – Douglas Slater

Douglas est encore un cas particulier dans notre communauté. Après avoir élaboré son projet à Épicentre, il a installé son échoppe de restauration végétalienne Air Puy’n’Puy au marché Saint-Pierre il y a six mois. Il reste coworker à Épicentre pour les tâches administratives de son activité, car tout ne se fait pas derrière les fourneaux dans un restaurant.

Comment je vais ? Super bien ! Au début du confinement je passais mes journées à cuisiner ; en deux semaines j’ai fait un véritable marathon culinaire. Puis quand le prolongement du confinement a été annoncé je me suis dit que je devais m’organiser pour faire aussi d’autres choses.

Aujourd’hui mes journées sont régulières. Le matin je me lève un peu plus tard que d’habitude, ensuite je consacre un temps à ma pratique spirituelle : yoga, exercices respiratoires, méditation… puis je me mets en cuisine. Et en fin de journée, quand il y a peu de monde dehors, je fais un petit circuit de jogging, toujours le même, qui m’amène vers Chamalières, à la limite autorisée d’un kilomètre autour de chez moi.

Douglas Slater

Le selfinement de Douglas : 100% végétal et local.

Comment je travaille ? Bien sûr le restaurant est fermé mais cela me donne l’opportunité de faire des choses dont je n’aurais pas rêvé. Lancer son entreprise, cela prend beaucoup de temps. Alors depuis le début du confinement j’en ai vraiment profité, notamment pour publier mes recettes sur Instagram et pour développer plein de nouvelles recettes avec les légumes d’été. Finalement ma mission a bien plus avancé puisqu’il s’agit avant tout pour moi de partager la connaissance d’un style de cuisine, en l’occurrence à base de végétaux.

Et l’avenir ? Le monde de la restauration connaît une grosse contraction et on prévoit que 25 % des restaurants vont fermer définitivement. Pour ma part je vais pouvoir m’organiser pour rouvrir dès le 11 mai, uniquement en vente à emporter, en attendant l’autorisation de faire déjeuner les gens sur place.

L’aspect négatif, c’est que j’ai dû me séparer de mon équipe, Imco et Tania, et que je n’imagine pas pouvoir embaucher à nouveau avant septembre ; je serais ravi de pouvoir retravailler avec eux mais bien sûr ils ne seront peut-être plus disponibles.

En tout cas après le 11 mai j’invite les gens à venir chercher des plats à emporter. Je suis heureux parce que j’ai trouvé des boîtes 100 % biodégradables à base de sucre de canne. Dans le « nouveau monde » je pense que les consommateurs n’aimeront pas les choses tactiles et apprécieront de trouver des box prêtes à emporter. C’est une nouvelle aventure qui commence avec le capitaine Douglas en autopilote, mais j’aime bien les défis !

Plus globalement, je vois arriver plutôt du positif. L’aspect le plus inspirant, c’est qu’on sait maintenant qu’on peut arrêter toutes les activités quand on l’estime nécessaire. Alors peut-être qu’on pourra le faire pour d’autres causes, comme pour répondre à la crise environnementale par exemple.


Pour en savoir plus : le site de Air Puy’n’Puy

Et pour les recettes : son compte Instagram


Interview par téléphone réalisée le 30 avril 2020 par Marie-Pierre Demarty

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