Analyse / témoignage

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« Comment j’imprime en 3D pour les services sanitaires » par Dorian Mieusset

Dorian est coworker à Epicentre. De par son activité professionnelle (MD Racelab), il est amené à imprimer en 3D des pièces pour moto, et s’est donc équipé en conséquence chez lui. Le confinement l’a amené à se rapprocher d’une initiative originale pensée pour aider le personnel des services médicaux ou d’urgence : la Réserve Impression 3D.

Quel est le concept de la Réserve Impression 3D ?

C’est un mouvement de “makers” qui fabriquent du matériel sanitaire ou de protection – par exemple, en ce moment, je fabrique des visières pour les pompiers de Clermont. L’objectif de ce groupe est de voir tout le monde en France qui a un imprimante 3D et qui peut produire. Cette initiative nationale coordonne des besoins d’objets à fabriquer et organise la production. Il peut y avoir des visières – simple – jusqu’à des respirateurs – plus complexes.

Combien de “makers” cela représente-t-il ?

Tous les gens qui ont des imprimantes 3D se sont répertoriés, on est sur un registre et on peut être sollicités pour fabriquer des pièces utiles. Et on se rend compte qu’on est très nombreux [environ 30 sur Clermont, et 143 sur l’Auvergne !], et qu’on peut fabriquer des pièces très rapidement ! On peut produire entre 10 et 70 masques ou visières par jour, selon l’imprimante dont on dispose.

Et que te permet de faire ton propre équipement ?

Mon imprimante est plutôt standard – une imprimante 3D perso coûte généralement entre 200 et 500 €. Mais tu peux pour cela avoir déjà de bonnes imprimantes avec de bons résultats ! Idem pour la matière première, elles sont très variées avec différentes qualité, mais cela suffit pour la plupart des besoins.

L’imprimante de Dorian, un modèle standard mais tout à fait suffisant pour venir en aide aux soignants et aux pompiers

La pièce à imprimer est déjà au format prêt à imprimer, elle a été validée par des personnes du monde médical. Tout le monde imprime quasiment la même ! C’est facile pour des visières par exemple. Pour des respirateurs par exemple, il faudra un certain suivi – et je pense qu’ils se tourneront dans ce cas vers des professionnels, ou des particuliers mieux équipés.

Et comment y participer ?

Il y a un groupe Facebook national pour se localiser, mais les demandes passent par des groupes “locaux”, en l’occurence celui d’Auvergne. Je reçois ainsi des demandes de 20 visières pour un EHPAD à Cébazat, un à Riom, etc. Et c’est très simple : la personne qui imprime va les livrer au point le plus proche, et les gens se coordonnent en ligne. Il peut y avoir des grosses commandes, parfois d’une centaine de pièces !

'En ce moment, je fabrique des visières pour les pompiers de Clermont'

Ce genre d’initiative est aussi utile en Lozère, là d’où je viens – et où il y a beaucoup moins d’imprimantes. J’essaye de l’étendre par le bouche à oreille pour alimenter là-bas, par exemple en donnant du matériel aux ambulances qui descendent dans le sud.

Quel enseignement tires-tu de cette initiative, pour demain ?

Je pense qu’on va garder ce type d’organisation. Des groupes de ce type montrent que des gens donnent des ressources – la matière première, l’imprimante. Et moi, ça me sera utile d’être dans ce réseau. Pourquoi pas mettre en place des groupes plus professionnels, ou pour répondre à certaines demandes …


Pour en savoir plus : le site de la Réserve Impression 3D
et surtout la page Facebook « Makers Visieresolidaire » auvergnate


 

Propos recueillis par Damien Caillard le 3 avril 2020

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