Ré ouverture

Notre écosystème se déconfine

Comment Job’Agglo fait bon ménage avec la crise sanitaire

En cette période de réouverture, nous poursuivons notre tour d’horizon de l’écosystème en allant à la rencontre de personnes et structures qui éclairent sous des angles particuliers les chamboulements actuels. On commence par cette question de base : à l’heure où nous sommes désormais tous équipés de gel désinfectant, comment se sont adaptés les spécialistes de la propreté ?

Il n’y a pas que les coworkers qui retrouvent le chemin d’Épicentre. Plus indispensables que jamais, les dames qui s’occupent du nettoyage de nos locaux font aussi leur retour ce lundi 18 mai. La plupart d’entre nous ne les croisent jamais car elles arrivent au petit matin et ont terminé leur ouvrage quand nous levons la grille pour commencer la journée. En 2019, le ménage à Épicentre a représenté 546 heures de travail, que nous avons choisi de confier à l’entreprise d’insertion Job’Agglo, dont nous aimons les valeurs solidaires.

Constituée de différentes filières, dont la plus importante est EJA spécialisée dans le ménage et les travaux de réfection de bâtiments, Job’Agglo emploie au total sur une année sept cents personnes en insertion professionnelle. Rencontre avec son directeur adjoint, Raphaël Mallecourt.

À l’heure de la réouverture, nous poursuivons notre tour d’horizon de l’écosystème en allant à la rencontre de personnes et structures qui éclairent sous des angles particuliers les chamboulements actuels. On commence par cette question de base : à l’heure où nous sommes désormais tous équipés de gel désinfectant, comment se sont adaptés les spécialistes de la propreté ? Il n’y a pas que les coworkers qui retrouvent le chemin d’Epicentre. Plus indispensables que jamais, les dames qui s’occupent du nettoyage de nos locaux font aussi leur retour ce lundi dix-huit mai. La plupart d’entre nous ne les croisent jamais car elles arrivent au petit matin et ont fini leur ouvrage quand nous levons la grille pour commencer la journée. Mais en 2019, le ménage à Epicentre aura représenté 546 heures de travail, que nous avons choisi de confier à l’entreprise d’insertion Job’Agglo (plus précisément à sa filiale EJA), dont nous aimons les valeurs solidaires. Constitué de différentes filières, dont la plus importante est EJA spécialisée dans le ménage et les travaux de réfection de bâtiments, Job’Aggo emploie au total sept cents personnes en insertion professionnelle. Rencontre avec son directeur adjoint, Raphaël Mallecourt. Comment se porte l’entreprise après ces deux mois de confinement ? Nous avons la chance d’être une structure de près de trente ans d’existence, qui allait plutôt bien avant le covid. Cela nous a permis de supporter sur nos fonds propre une baisse d’activité d’environ 50 % pendant ces deux mois. Certaines prestations se sont complètement arrêtées : les travaux de second œuvre, le ménage dans des locaux de bureaux comme chez vous, ou notre branche intérim qui se développait bien depuis un an. Et de fait, ce sont des personnes qui ne travaillent pas. Ceux qui sont en contrat d’insertion ont pu bénéficier de la protection du chômage partiel. Nous avons choisi de verser leur salaire plein et entier à ceux qui ont dû rester chez eux. Nous nous sommes aussi efforcés de continuer à suivre à distance les personnes en insertion. Nous avons systématiquement appelé tous les salariés qui ne travaillaient pas et essayé de fournir des solutions, par exemple sur des problématiques d’aide scolaire ou de difficulté à faire des déclarations à Pôle emploi ou à la CAF. Mais c’est compliqué de travailler sur l’insertion à distance. Mais certains de vos employés ont continué à aller sur le terrain ? Ce sont principalement ceux qui travaillent dans le nettoyage ou qui effectuent des remplacements de gardiens d’immeubles. Certaines entreprises, des bailleurs sociaux ou des associations d’aide comme l’ANEF 63 ont continué à être actives et à faire appel à nos services. Nous avons répondu aux demandes de tous nos clients, parfois en nous adaptant aux besoins particuliers du moment. Par exemple nous avons proposé de répartir nos interventions différemment : le ménage approfondi est fait moins souvent mais nous intervenons tous les jours pour désinfecter les points de contact. Pour nos personnels qui ont travaillé durant ces deux mois, le conseil d’administration a validé une prime représentant 20 % de leur salaire. Les clients se sont montrés solidaires en absorbant une grande partie de ce coût. Nous nous sommes aussi posé la question des produits que nous utilisons. Maintenant nous avons une idée plus précise de ce que nous pouvons faire mais ça n’a pas été évident tout de suite. Nous devions trouver des produits dont on était sûr qu’ils étaient efficaces contre le virus et pas trop nocifs en même temps. Il s’avère que le savon reste valable mais certains clients ont demandé des produits désinfectants. Nous nous sommes adaptés. Vous avez pu vous adapter aussi en termes de matériel de protection des personnes ? Nous avons pu réussi avoir rapidement et suffisamment de matériel. Nous avons lancé un appel et reçu beaucoup de dons. Il y a eu un élan extraordinaire. Des couturières ont fourni des masques et des combinaisons, Loréal Vichy nous a envoyé du gel hydroalcoolique, d’autres entreprises ont offert des visières… Nos besoins étaient surtout sur les masques et le gel. Les combinaisons ont été nécessaires surtout parce que nous avons été sollicités pour intervenir sur un nouveau site ouvert spécifiquement pour accueillir des sans-abri potentiellement porteurs du coronavirus. Aujourd’hui, comment vivez-vous cette période de déconfinement ? Nous nous adaptons au mieux aux demandes de reprise des missions. Comme pendant le confinement, nous proposons une organisation différente pour s’adapter aux mesures sanitaires. Nous ne réalisons as forcément plus d’heures mais nous intervenons plus fréquemment, en veillant quand même à rester dans la limite de ce qui est faisable : il nous est difficile de répondre à un demande d’intervenir dix minutes quatre fois par jour. Nous avons aussi été sollicités sur des redémarrages de chantiers, sur la demande de commissions de sécurité, pour intervenir sur des blocs sanitaires par exemple. Et nous conseillons aussi les clients sur des produits à utiliser, des recommandations sur l’organisation sanitaire des entreprises. Es missions de nettoyage ou de BTP reprennent progressivement et devraient avoir retrouvé leur rythme d’ici à trois semaines. Et nous espérons que l’intérim va redémarrer aussi. Mais nous avons conscience que la période va être difficile économiquement et les plus précaires vont être par nature les premiers impactés. Y compris ceux que nous essayons d’accompagner vers l’emploi plus classique. Mais nous serons là.

A partir d’aujourd’hui, les dames d’EJA n’auront plus à nettoyer notre cuisine, fermée, mais elles viendront tous les jours veiller à la propreté de nos locaux. Et nous leur en sommes reconnaissants !

Comment se porte l’entreprise après ces deux mois de confinement ?

Nous avons la chance d’être une structure de près de trente ans d’existence, qui allait plutôt bien avant le covid. Cela nous a permis de supporter sur nos fonds propres une baisse d’activité d’environ 50 % pendant ces deux mois. Certaines prestations se sont complètement arrêtées : les travaux de second œuvre, le ménage dans des locaux de bureaux comme chez vous, ou notre branche intérim qui se développait bien depuis un an.

Et de ce fait, nous avons des personnes qui ne travaillent plus depuis deux mois. Ceux qui sont en contrat d’insertion ont pu bénéficier de la protection du chômage partiel. Nous avons choisi de verser leur salaire plein et entier à ceux qui ont dû rester chez eux.

Nous avons répondu à toutes les demandes, en nous adaptant aux besoins du moment.

 

Nous nous sommes aussi efforcés de continuer à suivre à distance les personnes en parcours d’insertion, car cela fait partie de notre mission. Nous avons systématiquement appelé tous les salariés qui ne travaillaient pas et essayé de fournir des solutions, par exemple sur des problématiques d’aide scolaire ou de difficulté à faire des déclarations à Pôle emploi ou à la CAF. Mais c’est compliqué de travailler à distance sur l’insertion.

Qu’en est-il de vos employés qui ont continué à aller sur le terrain ?

Ce sont principalement ceux qui travaillent dans le nettoyage ou qui effectuent des remplacements de gardiens d’immeubles. Certaines entreprises, des bailleurs sociaux ou des associations d’aide comme l’ANEF 63 ont continué à être actifs et à faire appel à nos services. Nous avons répondu à toutes les demandes de nos clients, parfois en nous adaptant aux besoins particuliers du moment. Par exemple nous avons proposé de répartir nos interventions différemment : le ménage approfondi est fait moins souvent mais nous intervenons tous les jours pour désinfecter les points de contact.

Pour nos personnels qui ont travaillé durant ces deux mois, le conseil d’administration a validé une prime représentant 20 % de leur salaire. Les clients se sont montrés solidaires en absorbant une grande partie de ce coût.

Nous nous sommes aussi posé la question des produits que nous utilisons. Maintenant nous avons une idée précise de ce que nous pouvons faire mais ça n’a pas été évident tout de suite. Nous devions trouver des produits dont on était sûr qu’ils étaient efficaces contre le virus et pas trop nocifs en même temps. Il s’avère que le savon reste valable mais certains clients ont demandé des produits désinfectants. Nous nous sommes adaptés.

Vous avez pu vous adapter aussi en termes de matériel de protection des personnes ?

Nous avons réussi à avoir rapidement et suffisamment de matériel. Nous avons lancé un appel et reçu beaucoup de dons. Il y a eu un élan extraordinaire. Des couturières ont fourni des masques et des combinaisons, Loréal Vichy nous a envoyé du gel hydroalcoolique, d’autres entreprises ont offert des visières…

Les plus précaires vont être par nature les premiers impactés.

 

Nos besoins étaient surtout sur les masques et le gel. Les combinaisons ont été nécessaires surtout parce que nous avons été sollicités pour intervenir sur un nouveau site ouvert spécifiquement pour accueillir des sans-abri potentiellement porteurs du coronavirus.

Aujourd’hui, comment vivez-vous cette période de déconfinement ?

Nous nous adaptons au mieux aux demandes de reprise des missions. Comme pendant le confinement, nous proposons une organisation différente pour répondre aux recommandations sanitaires. Nous ne réalisons pas forcément plus d’heures mais nous intervenons plus fréquemment, en veillant quand même à rester dans la limite de ce qui est faisable : il nous est difficile de répondre à une demande d’intervenir dix minutes quatre fois par jour.

Nous avons aussi été sollicités sur des redémarrages de chantiers, sur la demande de commissions de sécurité, pour intervenir sur des blocs sanitaires par exemple. Et nous conseillons aussi les clients sur des produits à utiliser ou sur l’organisation sanitaire des entreprises.

Les missions de nettoyage ou de BTP reprennent progressivement et devraient avoir retrouvé leur rythme d’ici à trois semaines. Et nous espérons que l’intérim va redémarrer aussi.

Mais nous avons conscience que la période va être difficile économiquement et les plus précaires vont être par nature les premiers impactés. Y compris ceux que nous essayons d’accompagner vers l’emploi plus classique. Mais nous serons là.

Propos recueillis par Marie-Pierre Demarty / Photo Job’Agglo

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